Concertation : brique de base de la transition

Consultation, concertation, médiation, voire négociation dans les cas extrêmes : le vocabulaire lié à la démocratie participative est tellement riche qu’il est facile de s’y perdre. Or, amis citoyens, sachez que pour prendre part à la vie locale et jouer pleinement votre rôle, il vous faudra apprendre à parfaitement maîtriser ces éléments de langage. Car oui, la démocratie participative est un droit essentiel dont vous devrez apprendre à user (et abuser)…

Le mode de participation le plus associé au dialogue environnemental est celui de la concertation. Qu’elle soit reglementée (via une enquête publique) ou menée librement à l’initiative d’un maître d’ouvrage, la concertation reste souvent la seule phase où l’avis des citoyens est sollicité. D’où la nécessité de s’en saisir…

Mais à quoi sert vraiment la concertation ? 

  • A Informer :

L’article 7 de la Charte de l’environnement annexée depuis 2004 à la Constitution française est très clair sur ce point : « Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ». Afin de faciliter la compréhension, ces informations d’ordres techniques, environnementales, économiques ou sociales doivent être délivrées sous une forme vulgarisée mais non réductrice. De cette façon, chacun pourra comprendre les enjeux liés au projet, les impacts et les solutions possibles.

  • A Impliquer :

La réussite de la transition énergétique, à l’échelle locale ou globale, ne sera possible sans une véritable implication de l’ensemble des acteurs, publics et privés, dans les efforts de maîtrise de l’énergie et de développement des EnR. Cette implication passe nécessairement par une phase de réappropriation des questions énergétiques. L’exercice est ambitieux puisqu’il consiste à débarrasser progressivement chaque citoyen du sentiment d’impuissance qui l’habite pour l’aider progressivement à mesurer (et accepter) la puissance cumulée des choix individuels.

  • A Libérer l’intelligence collective :

La concertation est souvent l’occasion de raccrocher la tête et les jambes d’un projet, de lui donner une consistance, de coller aux réalités du terrain. En effet, l’opportunité de la transition énergétique fait parfois émerger des idées audacieuses, innovantes et ambitieuses mais totalement déconnectées du contexte local. Via la concertation, citoyens, associations, représentants d’entreprises et élus locaux peuvent attirer l’attention d’un maitre d’ouvrage sur les ressources du territoire, sur ses limites, sur les expériences déjà menées et sur les pièges à éviter. En associant expertise spécifique et connaissance (voire mémoire) du territoire, la concertation peut donner lieu à une exceptionnelle intelligence collective, d’où émergeront des projets aussi innovants que cohérents.

  • A Favoriser le consensus :

C’est bien là son principal objectif : la concertation doit offrir un large espace d’expression, faire la synthèse des contributions et proposer une solution consensuelle, c’est à dire « acceptable » pour le plus grand nombre, et ceci, quelle que soit la teneur du projet : projet éolien, projet d’aménagement, projet d’infrastructure, projet de territoire… C’est dire la complexité de l’exercice ! Une concertation bien menée peut donc entrainer une modification marginale ou majeure d’un projet, dans le but de limiter son impact environnemental ou social et de favoriser son acceptation locale.

La concertation : dans les gènes des TEPOS

S’il y a une démarche de transition qui fait appel à l’expertise citoyenne, c’est bien celle des Territoires à Énergie Positive. Partout en France, les TEPOS se construisent via un processus de concertation réunissant d’incroyables citoyens et d’audacieux entrepreneurs autour d’une poignée d’élus visionnaires.

Dans l’Eure, une phase de concertation a été menée à l’automne 2016 sur les deux territoires engagés TEPOS. En plus des nombreux entretiens particuliers menés auprès d’entreprises, d’élus et d’associations locales, 3 ateliers publics ont été organisés sur chacun des deux TEPOS Normands, associant des temps d’échanges en plénière et des travaux en sous-groupes thématiques (bâtiments, agriculture, mobilité, industrie). Le fruit de ces ateliers extrêmement productifs est en cours de synthèse. D’ici quelques semaines, il viendra alimenter le plan d’actions TEPOS qui devra être adopté avant la fin de l’année par les Conseils communautaires de la CdC du Pays de Conches et de l’Intercom Bernay Terres de Normandie. Les participants de la concertation pourront très bientôt y retrouver des éléments issus de leurs réflexions, voire pour certains d’entre eux, leurs propres projets.

 

Crédit photo :Fotolia (Sport Moments) & Annie JACQUES

 

15 février 2017
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