A Bordeaux, tous en marche vers un « smart » campus !

Le campus métropolitain de l’université de Bordeaux et ses 5 établissements partenaires (CROUS, Université Bordeaux Montaigne, Bordeaux INP, Sciences Po Bordeaux et Bordeaux Sciences Agro), ce sont 780 000 m2 bâti, 250 bâtiments, 78 000 personnes (personnels et étudiants) pour une consommation de 80 GWh énergie finale en énergie thermique, 60KWh énergie finale en électricité, 510 000 m3 d’eau potable et 24 000 tonnes d’émissions de CO2. Le projet que nous allons vous présenter est porté par l’université de Bordeaux (pour tous les établissements) en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations; les établissements sont accompagnés par un AMO, le Cabinet Explicit.

Le campus universitaire mesure bien son décalage avec les engagements nationaux et internationaux en matière de transition énergétique (4% d’EnR sur la totalité du site) et son exposition aux risques économiques (augmentation du prix de l’énergie, coût de renouvellement des équipements, …).  Les enjeux sont de taille car 45% de son patrimoine bâti est très énergivore et si  le coût de l’énergie consommée est de 12 millions d’euros fin 2015, quand il engage cette réflexion,  les études tendent vers 20 millions d’euros en 2030.  Il fait face à des problématiques multiples: des modes de fonctionnement différents dans les 6 établissements, un manque de suivi des consommations, un manque de communication, …

Il souhaite s’engager dans la co-construction d’un Schéma Directeur Energie Eau (SDEE) et mettre en place un plan d’actions ambitieux en termes de sobriété, d’efficacité énergétique et de développement des EnR.

La sobriété comme priorité

Des actions qui entraînent des coûts d’investissements faibles mais nécessitent un engagement fort.

L’objectif est de réduire les consommations à travers plusieurs types d’actions:

  • l’amélioration de la connaissance du patrimoine
  • l’amélioration de l’organisation interne, des outils et des procédures: création pour chaque entité d’un poste de Manager des fluides, meilleur suivi de la consommation, …
  • la communication sur le programme et la sensibilisation des usagers
  • la création de partenariats gagnant/gagnant.

Il a été décidé de faire un test sur un bâtiment affichant une consommation électrique excessive : l’ISVV, l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, situé à Villenave d’Ornon – 12 000 m2.  Ce projet a été co-construit avec l’ensemble des parties prenantes: la direction du patrimoine de l’université de Bordeaux, la direction de l’ISVV et l’exploitant. L’objectif était de baisser les consommations de 10% sur 1 an et de partager les économies réalisées, pour développer un projet vertueux de l’Institut. Un comptage par usage a été  mis en place et un groupe d’ambassadeurs a été constitué parmi les usagers qui a pu mettre en lumière des situations d’inconfort et des dysfonctionnements énergivores. Une approche spécifique a été appliquée pour les périodes d’inoccupation de l’Institut. Des gains sur le froid, sur les consommations d’éclairage ont vite été obtenus avec une baisse de 10% en 7 mois et allant jusqu’à 15% en été ! Ces résultats étant probants, la Direction de l’Immobilier souhaite dupliquer le modèle à d’autres bâtiments en 2017  en modifiant un peu le calendrier. En effet, l’action ayant commencé en mai à l’ISVV, les étudiants n’ont pas pu être associés.

L’efficacité eau/énergie

Des coûts d’investissement plus importants mais qui participent au renouvellement et à la remise en état du patrimoine

Pour gagner en efficacité, il faut envisager la rénovation du patrimoine et le changement d’équipements et prendre en compte les opérations de réhabilitation  déjà engagées.

Le développement des EnR

Afin d’utiliser des ressources plus « propres » et de réduire les émissions de CO2, la réflexion s’est engagée sur plusieurs projets avec les partenaires territoriaux : un réseau de chaleur (biomasse et/ou géothermie) inter-établissements sur le campus  Pessac-Talence-Gradignan, la production commune de chaleur (géothermie et biomasse) et sa distribution sur le site de Bordeaux Carreire, la production de chaleur en EnR (géothermie ou biomasse ou solaire thermique) sur le site du CENBG à Gradignan et enfin,  l’installation de panneaux photovoltaïques en auto consommation sur le Campus Pessac-Talence-Gradignan.

L’approche « smart campus »

Il est indispensable d’avoir une analyse plus fine des consommations eau/énergie. Le plan prévoit l’installation d’un compteur télé-relevé par fluide , par bâtiment et la réhabilitation de 20% des bâtiments les plus énergivores. L’université de Bordeaux a lancé un appel d’offres de supervision énergétique : un lot pour les compteurs et les données, un lot pour la supervision. Le coût est de 500 000€ sur un budget de 8 millions d’euros. La mise en service est prévue au printemps 2017 pour l’électricité et à l’été pour la chaleur et l’eau. La supervision sera accessible au plus grand nombre avec des profils variés et des indicateurs dédiés : gouvernance, direction du patrimoine, exploitants, structure de l’établissement, usagers … permettant à chacun un accès aux données pour une meilleure prise de conscience des enjeux et de l’impact de ses actions.

 

Un projet innovant en matière de politique d’eau et d’énergie qui montre l’importance de coupler organisation et gouvernance du projet aux actions de sensibilisation de l’ensemble des usagers (enseignants, étudiants, personnels techniques et administratifs) afin d’entraîner des changements de comportements de tous, indispensables à l’atteinte des objectifs de baisse de consommation attendus.

Suite à la présentation du projet aux Assises de l’Energie 2017 – Intervenants : Thierry DECADT – Responsable du Bureau de Développement et Aide au Pilotage Immobilier Direction du patrimoine Immobilier, université de Bordeaux et Matthieu BUGNON – Chef de Projet chez Explicit, Cabinet Conseil Climat-Energie à Bordeaux

Crédits photos: O. Got, université de Bordeaux; Alec 27
20 février 2017
par