A Poses, la serre tropicale se chauffe au bois

Biotropica

A Poses, la serre Tropicale se chauffe au bois déchiqueté.

Sous ses 6000 m², la serre accueille plusieurs espèces animales et végétales dans une ambiance tropicale. De par la nature des espèce présentes, la température à l’intérieur de la serre est maintenue à 26°C avec une forte hygrométrie et l’eau de ses bassins est comprise entre 28 et 30°.

La nature de l’installation impose donc de disposer d’une production de chaleur fiable à un coût maîtrisé. Ainsi, le site est équipé d’une chaudière bois de 400 kW capable de maintenir la serre à 25°C par 0°. Lorsque les températures sont négatives, une chaudière fioul de 750 kW permet d’assurer les besoins de chauffage. Un ballon tampon de 25m3 permet d’optimiser et réguler le fonctionnement de la chaudière bois.

Ce dimensionnement correspond à un compromis technico économique entre investissement et taux de couverture des besoins.

La production de chaleur est sécurisée par la présence de deux chaudières et (deux énergies différentes) pouvant fonctionner indépendamment l’une de l’autre.

Le combustible est stocké dans 3 containers équipés d’un système de désilage. Ceux-ci font l’objet d’une rotation. Quand un container est vide, il est récupéré par le transporteur qui l’achemine sur la plateforme du fournisseur de combustible où il est rempli,  puis renvoyé à Biotropica.

Chaque container a une capacité de 7,5 tonnes. A plein régime, deux containers, soit 15 tonnes des bois à 25% d’humidité, sont consommés par semaine.

Bien que cet équipement soit onéreux (361 000 euros), il se justifie d’une part par une démarche environnementale de Biotropica (le bois étant, en France, une énergie renouvelable et dont la combustion est considérée comme neutre en émission de CO2) et par des atouts économiques.

En effet, le choix d’une technologie de chauffage engage la structure sur le long terme. Or, la dépense énergétique d’un tel site est importante. L’évolution de ce poste de dépense impacte les coûts de fonctionnement de l’entreprise.

Or l’évolution du prix des énergies fossiles sur les marchés internationaux est imprévisible. Par ailleurs, la contribution climat (taxe carbone) mise en place depuis 2014 sous la forme d’une « composante carbone » proportionnelle aux émissions de CO2 dans les taxes sur les énergies fossiles (TICPE et TICGN) augmentera progressivement jusqu’à 2030. Indépendamment du prix de marché, le prix du gaz et du fioul augmentera du fait du contexte réglementaire.

Dans une production de chaleur par énergie fossile, le combustible représente de l’ordre de 80% de la facture énergétique globale (combustible, financement et entretien des installations).

Dans le cadre d’une solution bois-énergie avec appoint, le combustible d’appoint est de l’ordre de 15% du coût global et 35% pour le bois (dont seulement 7% pour la matière première). Environ 50% de la facture est donc constante (financement des installations) ou soumise à l’inflation (maintenance des installations).

Structure des prix de la chaleur (Source : Biomasse Normandie 2010)

Enfin, le coût du combustible bois déchiqueté est nettement moins cher que le fioul et le propane (le site n’est pas desservi par le réseau de Gaz-Naturel) ce qui permet de contrebalancer un investissement plus important par une consommation de chaleur à bas coût.

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Ainsi, le bois énergie offre une meilleure visibilité de la dépense énergétique ce qui est primordial pour tout maitre d’ouvrage. A fortiori pour une entreprise dont la rentabilité dépend de ces paramètres.

Crédits photos: 

ALEC 27
 Biomasse-Normandie
 Frédéric BISSON: https://www.flickr.com/photos/zigazou76/28045098170
17 janvier 2017
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