Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les ALEC… entretien avec le réseau FLAME

Ce mois-ci, nous sommes allés à la rencontre d’Olivia de Maleville, Coordinatrice de la Fédération Flame. Au cours de cet entretien, Olivia nous décrit la genèse du projet des ALEC et l’évolution du réseau.

Un peu d’histoire … Pouvez-vous nous dire comment sont nées les Agences Locales de l’Energie et du Climat?

La gouvernance de l’énergie est une question clé, mais pas nouvelle. Dès 1994, la Commission européenne lance un dispositif de soutien à la création d’agences de l’énergie dans toute l’Europe. Conformément à la définition européenne, les ALEC sont des organisations indépendantes, autonomes, à but non lucratif qui bénéficient du soutien des pouvoirs publics locaux pour fournir conseils, informations et assistance technique aux utilisateurs d’énergie (pouvoirs publics, citoyens, entreprises, …) et contribuer au développement des marchés d’énergie locale durable.

Après 20 années d’existence des agences, le législateur français a reconnu le caractère d’intérêt général des missions qu’elles portent, dans la loi du 17 août 2015, relative à la Transition Energétique pour la croissance verte*. C’est une étape importante qui a été conduite grâce à la mobilisation des élus des ALEC au sein de FLAME, la Fédération nationale qu’ils ont constituée en 2004. Outre la mise en réseau des élus, l’échange de bonnes pratiques et d’expertise, FLAME est un Centre de ressources pour les territoires qui veulent s’impliquer fortement dans des politiques énergie-climat en s’appuyant sur une ingénierie spécialisée.

Parlez-nous du réseau des ALEC

Les ALEC sont des outils de proximité infra-régionaux, que ce soit au niveau d’un EPCI, d’un département, dans des zones rurales ou urbaines. A chaque territoire ses enjeux et ses choix de politiques publiques énergie-climat et l’Agence est un outil de mise en oeuvre de ce programme sur-mesure grâce à une expertise dédiée pour informer, conseiller, accompagner, mobiliser, anticiper et projeter. Le portage par les collectivités est essentiel pour impliquer les élus et, au-delà, mobiliser l’ensemble des acteurs publics et privés du territoire d’intervention.

Les ALEC ne sont pas seulement des « laboratoires des tendances »; elles sont aussi en prise avec le terrain lorsqu’elles portent des dispositifs nationaux de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) tels que les Espaces Info Energie, les Conseils en Energie Partagés (deuxième structure d’accueil au national avec 70 Conseillers travaillant dans des ALEC), la rénovation énergétique de l’habitat (20% des plateformes opérationnelles à ce jour).

Au plan national, la Fédération poursuit un partenariat institutionnel étroit et renforcé avec l’ADEME et travaille en synergie avec les autres têtes de réseau nationales, notamment au sein de la Plateforme des Associations d’Elus et de Collectivités pour la Transition Energétique: France Urbaine, Association des Maires de France, Assemblée des Communautés de France, Amorce, Régions de France, Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme, Réseau des Agences Régionales de l’Energie et de l’environnement, …

En tant qu’acteurs de terrain intervenant à une échelle de proximité, les ALEC ont une voix à porter dans les réflexions au national sur les moyens et les objectifs de la transition énergétique des territoires.

A ce jour, où en est-on?

Le réseau est en croissance. Il compte actuellement 38 structures (36 ALEC + 2 en devenir) et représente près de 400 salariés. On constate une bonne appropriation par les territoires français de cet outil de mobilisation : présence sur 11 régions métropolitaines (8 en Ile-de-France, 6 en Bretagne, 5 et bientôt 6 en Auvergne-Rhône-Alpes) et touchant une population de 17 millions d’habitants.

A mesure que le réseau se déploie, l’enjeu de structuration en région doit être relevé. Certaines initiatives vont en ce sens, notamment en Région Bretagne, pour renforcer les synergies, les complémentarités, les possibilités de mutualisation, dans un contexte de restrictions budgétaires.

Pourquoi n’y en a-t-il pas dans tous les départements ?

Parce que certains territoires moteurs étaient déjà organisés ou s’appuient sur d’autres acteurs, internes ou externes  en ce qui concerne les compétences énergie-climat.

Et à l’étranger?

En Europe, les Agences de l’énergie sont au nombre de 130 au niveau local et 450 multi-niveaux, c’est-à-dire régionales et nationales. Nous avons beaucoup à gagner à croiser nos expériences, car ce qui marche ailleurs mérite d’être transposé dans nos territoires.

Quelles sont les perspectives d’évolution des ALEC en France ?

Les ALEC sont des Centres d’expertise, des organismes d’animation territoriale pour mobiliser l’ensemble des acteurs sur les politiques énergie-climat. Ce sont aussi des laboratoires d’expériences innovantes. Elles sont attendues sur des champs nouveaux qui vont prendre de l’importance dans les prochaines années, comme par exemple, la mobilité durable ou l’économie circulaire.

 *« Art. L. 211-5-1. – Des organismes d’animation territoriale appelés “agences locales de l’énergie et du climat” peuvent être créés par les collectivités territoriales et leurs groupements. Leur objet consiste à conduire en commun des activités d’intérêt général favorisant, au niveau local, la mise en œuvre de la transition énergétique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans le cadre des objectifs définis au plan national. Ces agences travaillent en complémentarité avec les autres organismes qui œuvrent pour la transition énergétique. »

Crédit photo: FLAME

 

6 octobre 2017
par