Changement de fenêtres : faire les bons choix

Vous vous apprêtez à changer vos menuiseries ? Celles-ci sont encore en simple vitrage et ne sont plus étanches à l’air ? Ou bien vous souhaitez « faire d’une pierre deux coups » en isolant également vos murs?

Cet article a pour but de vous apporter un maximum d‘éléments vous permettant de faire un choix raisonné sur un projet de changement de menuiseries.

En moyenne, ce poste représente 10% à 15% des déperditions d’un logement. La toiture, les murs ainsi que le renouvellement d’air sont souvent plus déperditifs que les fenêtres, même en simple vitrage ! Pourquoi ? Notamment parce que la surface de déperdition d’un mur ou d’une toiture est beaucoup plus importante que celle des ouvertures.

 
Pourtant, changer ses fenêtres permet d’améliorer l’étanchéité à l’air du logement (à condition que la pose soit bien effectuée!), donc le confort thermique et acoustique : moins de courants d’air, moins de bruits parasites…
 

Les performances des menuiseries ont considérablement évolué depuis une vingtaine d’années. Un double vitrage actuel est deux à trois fois plus performant que les premiers doubles vitrages datant des années 1980. Cependant, il s’agit du poste le plus coûteux d’un logement si l’on raisonne au m². En effet, comptez entre 500 et 1000 € du m² selon le type de matériaux, le type de pose, etc. Le but recherché par ce type de travaux ne doit donc pas être un temps de retour sur investissement, grâce aux économies d’énergie réalisées. Même dans le cas le plus favorable (remplacement de menuiseries simple vitrage par des menuiseries double vitrage, chauffage électrique, coût des travaux à 545€/m² ), il ne faut pas espérer rentrer dans ses frais avant 20 ans.

D’autres raisons justifient un changement de menuiseries : couplage avec une isolation intérieure ou extérieure de murs pour une meilleure performance globale, confort thermique et acoustique améliorés, meilleure gestion du renouvellement d’air grâce aux entrées d’air intégrées (dans le cas d’une VMC simple flux), plus-value thermique et esthétique en cas de revente du logement,etc…

Matériaux possibles

3 matériaux se partagent les ventes :

le bois, matériau « historique », est toujours utilisé aujourd’hui pour la fabrication de menuiseries double ou triple vitrage. Plusieurs essences sont possibles : feuillus, résineux ou bois exotiques. Il est préférable de privilégier du bois issu de forêts locales, l’énergie grise* liée au transport étant plus faible. Autre critère, vérifiez que la marque NF-FCBA, qui certifie la qualité du produit, est présente.

le PVC (polychlorure de vinyle) est le matériau le plus utilisé aujourd’hui. Coût de fabrication peu élevé, insensibilité aux rayons ultraviolets, l’esthétique des fenêtres PVC a beaucoup progressé (profils plus fins, nombreuses teintes possibles ).

l’aluminium, dont les performances thermiques se sont nettement améliorées, grâce notamment aux rupteurs de ponts thermiques. Matériau le moins performant des trois du fait de sa plus forte conduction (le métal est conducteur de chaud mais aussi de froid !) et le plus cher, il offre cependant plusieurs avantages : rigidité et légèreté (ce qui permet d’utiliser des profils plus fins et d’utiliser ce matériau pour des baies de grandes dimensions), grande diversité de teintes.

Il existe également des menuiseries mixtes bois-aluminium (bois intérieur et aluminium extérieur) qui permettent d’améliorer la résistance aux intempéries et aux parasites par rapport à une menuiserie bois, et d’atteindre également de très bonnes performances thermiques.

Type d’ouverture

Un peu de vocabulaire est utile pour mieux comprendre le jargon des menuisiers !

Ouvrant à frappe : ouvrant qui vient recouvrir le dormant de la menuiserie. Entre les deux, se trouvent une ou plusieurs barrières (frappes) assurant l’isolation thermique et acoustique de cette partie. C’est le cas des ouvertures à la française, avec un ou deux battants (vantaux). Les ouvertures à l’anglaise le sont également, celles-ci s’ouvrent vers l’extérieur, contrairement à l’ouverture à la française, et sont plutôt utilisées dans les pays anglo-saxons et scandinaves. Inconvénient des ouvrants à frappe : ils ne sont pas adaptés aux grandes ouvertures (>1 mètre en largeur par vantail)

Oscillo-battant : fenêtre s’ouvrant par basculement sur un axe vertical ou sur un axe horizontal. Permet en particulier l’entrebâillement par le haut, sans perte de sécurité en cas d’absence.

Coulissant : par opposition à l’ouverture à frappe, l’ouverture coulissante est réservée aux grandes baies vitrées. Elle a l’avantage de ne pas avoir d’emprise sur l’intérieur du logement. Néanmoins, elle est moins performante qu’une menuiserie à frappe, notamment du point de vue de l’étanchéité à l’air. La jonction entre les deux parois d’une baie vitrée, et celle située entre le coulissant et le dormant sont des sources de fuites potentielles. Pour y remédier, les fabricants ont développé des produits plus performants : « coulissants à frappe » ou « soulevants/coulissants » qui se déportent légèrement vers le haut à l’ouverture. Les ouvrants à translation se déportent quant à eux vers l’intérieur et offrent une performance optimale. Leur coût est évidemment plus élevé. Il ne faut pas perdre de vue qu’un ouvrant n’est pas obligatoire ! On peut se contenter d’un châssis fixe qui permet de réduire la menuiserie, d’où une plus grande surface vitrée pour les apports solaires et aussi une meilleure performance thermique.

Source : L’isolation thermique écologique. Jean-Pierre OLIVA, Samuel COURGEY

Dépose totale ou rénovation ?

La dépose totale de l’ouvrant et du dormant offre des avantages par rapport à une pose en rénovation, où l’on fixe le nouveau dormant sur l’ancien :

– Elle offre une performance thermique plus élevée car on ne conserve pas l’ancien dormant et l’ancienne étanchéité entre le dormant et le gros oeuvre. Nous l’aborderons plus tard dans la partie « pose », la mise en oeuvre est essentielle et les règles de l’art en la matière ont considérablement évolué depuis 30 ans. L’isolation phonique sera également meilleure si le dormant est remplacé.

– la dépose totale offre une plus grande luminosité puisque l’on ne conserve pas l’ancien dormant.

A l’inverse, ce type de pose engage des frais supplémentaires : temps de travail plus important, travaux de finition à prévoir (plâtre, peintures).

Performances thermiques

Valeurs moyennes du coefficient de déperditions (Ug) et du facteur solaire (g) de différents vitrages
Source : L’isolation thermique écologique. J-P Oliva, Samuel Courgey

Comme nous l’avons évoqué plus haut, un double vitrage actuel est deux à trois fois plus performant que les premiers doubles vitrages datant des années 1970-1980. Il est également 5 fois moins déperditif qu’un simple vitrage. En revanche, sa capacité à laisser passer le rayonnement solaire est plus faible.

Les meilleurs doubles vitrages VIR (Vitrage à Isolation Renforcée) associent :

  •  une lame d’air de 20mm, remplie avec de l’argon ou du krypton, deux gaz plus performants que l’air ;
  • une couche basse émissivité déposée en face 3 (face intérieure de la vitre extérieure) ;
  • un intercalaire à bords chauds « warm edge » :  situé entre chaque vitrage, auparavant métallique, il est aujourd’hui de couleur noire car composé de divers matériaux plastiques comme le polycarbonate. Il permet de réduire de 6% en moyenne les déperditions de l’ensemble de la paroi vitrée par rapport à des solutions métalliques.

Composition d’un double vitrage renforcé. Source K-Line

Intercalaires de vitrages warm edge (bords chauds)

Une solution alternative au changement de fenêtres consiste à poser une seconde fenêtre au nu intérieur ou extérieur du mur. Celle-ci peut être justifiée notamment par des raisons architecturales (conservation du châssis d’origine à l’extérieur). Elle constitue un bon choix au niveau phonique, tout comme les doubles vitrages avec vitrage intérieur de 8mm au lieu de 4mm.

Uw, Ug, Uf, g, Sw et aides financières

Plusieurs coefficients permettent de déterminer la performance thermique d’une fenêtre :

  • Ug (g pour glass) : détermine les déperditions du vitrage. Plus on se rapproche de 0, plus le vitrage est performant. Aujourd’hui, les fabricants atteignent facilement un Ug de 1,1 W/m².K, et peuvent descendre jusqu’à 0,6 pur un triple vitrage.
  • Uf (f pour frame) : détermine les déperditions liées au cadre (PVC, bois ou alu). Généralement, c’est le point faible thermique d’une menuiserie, le cadre étant plus déperditif que le vitrage. Selon l’épaisseur et la nature du profil, le coefficient peut fortement varier. Par exemple, un châssis de 58 mm en bois exotique aura un coefficient Uf = 2,2, alors qu’un châssis en résineux de 68 mm atteindra Ug = 1,5.
  • Uw (w pour window) : il prend en compte les deux premiers coefficients Ug et Uf. C’est celui-ci qui faut regarder en priorité. D’une part, parce qu’il donne une performance globale de la fenêtre (on peut avoir un très bon vitrage mais un mauvais châssis). D’autre part, car les critères d’éligibilité aux aides financières attribués pour des changements de menuiseries se basent sur le Uw, qui doit être inférieur à 1,3 ou 1,7 selon les cas de figure (voir plus bas). A titre de comparaison, un triple vitrage atteint un Uw de 0,8 et un très bon double vitrage 1,1.
  • Ud (d pour door) : coefficient utilisé pour les portes d’entrée donnant sur l’extérieur. Il prend en compte la performance du vitrage s’il y en a un, et du reste de la menuiserie.
  • g : c’est le facteur solaire du vitrage. Il est peu souvent mentionné par les installateurs.
  • Sw : facteur solaire de la menuiserie (cadre + vitrage).  Plus le Uw sera performant (donc proche de 0), plus le Sw sera faible, donc moins les apports solaires seront importants (voir schéma un peu plus haut). Pour bénéficier d’aides financières comme le crédit d’impôt, il devra être supérieur à 0,30 ou 0,36 :
Critères d’éligibilité au crédit d’impôt pour des menuiseries :

N.B : pour les fenêtres de toit, le coefficient Sw doit être inférieur et non pas supérieur à 0,36, afin d’éviter au maximum les surchauffes estivales. Ce type de vitrage n’est cependant pas suffisant pour bénéficier d’un bon confort d’été et un store extérieur apparaît donc indispensable sur les toitures exposées au sud et à l’ouest.

Et le triple vitrage ?

Composé de 3 vitres et 2 lames d’air, il est plus isolant qu’un double vitrage mais plus lourd et moins lumineux. Il peut s’avérer nécessaire lorsque l’on souhaite obtenir une performance thermique élevée du logement (niveau passif par exemple), surtout sur la face Nord du logement. Pour atteindre un niveau basse consommation en rénovation (104 kWh/m²/an dans l’Eure, soit l’étiquette C), la pose d’un double vitrage suffira la plupart du temps. Le surcoût lié au triple vitrage pourra alors être utilisé pour d’autres travaux d’isolation.

La pose

La mise en oeuvre des menuiseries est essentielle. Une pose dans les règles de l’art garantit une bonne étanchéité à l’eau et à l’air. Depuis 2010, ces règles ont changé et une nouvelle norme NF DTU 36.5 « Mise en oeuvre des fenêtres et portes extérieures » a vu le jour. Ce document apporte de nombreuses précisions techniques pour les professionnels. Désormais, tout professionnel qui pose une menuiserie ne pourra plus utiliser, pour le calfeutrement entre la menuiserie et la paroi, de mortier ou de mousse polyuréthane. Ces matériaux sont proscrits.

Seuls les calfeutrements secs sont autorisés, à savoir :

  • mastics en cartouche (élastomère ou plastique) qui s’extrudent à la pompe, avec l’emploi d’une mousse fond de joint ;
  • bandes de mousse imprégnées, utilisées pré-comprimées ou non, imprégnées de butyle ou d’acrylique.

 

Bandes de mousse pré-comprimées. Crédit photo : ALEC27

Mastics en cartouche avec fond de joint

Labels et certifications

Plusieurs labels et certifications peuvent vous permettre de choisir un produit de qualité :

  • la marque de certification NF garantit la qualité  de production des menuiseries, que ce soit les profilés (NF 126 pour le PVC et NF EN 14024 pour l’aluminium, NF-FCBA pour le bois), les vitrages isolants (marque Cekal par exemple), la quincaillerie (NF EN 1670) ;
  • le label Acotherm, complémentaire aux marques NF, atteste des performances thermiques et acoustiques des menuiseries et de leurs vitrages. Il existe 4 niveaux d’affaiblissement acoustique et un classement pour chaque niveau d’isolation thermique (de TH6 à TH17). Pour plus de précisions, vous pouvez consulter le règlement et le classement Acotherm ici.
  • le classement AEV ou Air-Eau-Vent :perméabilité à l’air, étanchéité à l’eau et résistance au vent. Il prend en compte la Région dans laquelle sera installée la menuiserie (au nombre de 4, déterminées selon la vitesse du vent), la zone (1. centres urbains ; 2. zones industrielles, forestières, petites et moyennes villes, périphérie des centres urbains ; 3. rase campagne ; 4. zones côtières, lacs), et enfin la hauteur de la fenêtre par rapport au sol (<6m, <18m, <28m, <50m, <100m).
  • D’autres labels attestent de la qualité de la préparation avant laquage des menuiseries aluminium en bord de mer (Qualimarine), de la qualité du process de thermolaquage de l’alu (Qualicoat), ou la qualité des finitions anodisées (Qualanod).
Pour plus d’informations, contactez l’Espace Info-Energie
eie@alec27.fr – Tél:02 32 59 25 70

* Energie grise : quantité d’énergie nécessaire au cycle de vie d’un matériau ou d’un produit (extraction, production, transformation, fabrication, transport, utilisation, entretien et recyclage).

12 juin 2015
1 Commentaire/par
1 réponse
  1. clarice ledoux
    clarice ledoux dit :

    Ça fait longtemps que je veux remplacer mes fenêtres ! Cet article m’a beaucoup aidé ; vous avez partagé des bonnes informations sur les fenêtres ! L’article a parlé un peu sur les bandes de mousses imprégnées. Où est-ce que j’en pourrais trouver plus d’informations ?

Les commentaires sont fermés.