COP 21 : une conférence capitale, mais pas une fin en soi

Depuis le 30 novembre, la France accueille au Bourget la 21ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) ou COP 21.

Les délégations et chefs d’Etats de 196 pays ont jusqu’au 11 décembre pour élaborer et adopter un accord mondial visant à atteindre deux grands objectifs :

  • Limiter le réchauffement global à +2°C d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle (sachant qu’un réchauffement de l’ordre de +0,8°C est déjà constaté).
  • Trouver 100 milliards d’€ par an pour permettre aux pays non développés de financer leurs mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

Compte tenu de l’importance des enjeux et de la difficulté d’accorder des Etats aux ambitions si différentes, les pourparlers ont commencé depuis plusieurs mois, notamment pour la rédaction du texte servant de base aux négociations. La COP 21 est donc le point d’orgue de ce long processus de négociations.

 

Pourquoi la COP 21 est-elle qualifiée de conférence de la dernière chance ?

Le Protocole de Kyoto, premier accord mondial pour le climat, avait engagé 38 états industrialisés à réduire leurs émissions de 5,2% entre 2005 et 2012, par rapport à 1990. Avant la fin de cette période, il était donc nécessaire de décider d’un nouvel accord, prenant la suite de Kyoto.

Malheureusement, suite à l’échec de la Conférence de Copenhague en 2009, les pays membres de la CCNUCC n’ont trouvé pour seul accord que de repousser l’échéance du Protocole de Kyoto jusqu’en 2020… sans en rehausser les objectifs de réduction des émissions.

La conférence de Paris ne saurait aboutir à un énième report de Kyoto, ni même un accord à minima. Pour être plus précis, la COP 21 doit permettre d’adopter un accord :

  • Ambitieux : dont les objectifs de réduction des émissions de l’ensemble des pays permettraient de nous placer sur une trajectoire de +2°C maximum
  • Juridiquement contraignant : où le non-respect de ces objectifs exposerait les pays à des sanctions devant la communauté internationale
  • Juste : où la lutte contre les changements climatiques ne porterait pas atteinte au droit au développement des pays les plus pauvres.

 

Que s’est-il passé depuis l’adoption du Protocole de Kyoto (1997) ?

 

Premier grand changement, la Chine est passée du statut de pays en développement à pays le plus émetteur de GES de la planète.

Autre facteur important : l’engagement des seuls pays industrialisés ne suffira pas à réduire suffisamment les émissions de GES. L’ensemble des 196 pays membres de la CCNUCC doivent contribuer, à leur mesure, à la lutte contre le changement climatique, tout en tenant compte du principe de responsabilité commune mais différenciée.

Enfin, il existe désormais un instrument nommé Fonds Vert pour le Climat, dédié au financement des mesures d’atténuation et d’adaptation dans les pays les moins avancés (PMA). Lors de sa création en 2011 à Durban, les pays développés devaient doter ce fonds de 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020. A ce jour, 35 pays ont contribué à verser… 10 milliards de dollars.

 

Quel « climat » à l’ouverture de la Conférence ?

 

Le contexte semble globalement plus favorable qu’à Copenhague en 2009. A l’ouverture de la COP 21, 147 contributions nationales (INDC = Intended Nationally Determined Contribution) représentant les efforts envisagés par 170 pays avaient été communiquées. Qu’elles fassent preuve d’un effort louable (comme le Maroc, le Bhoutan, le Costa Rica ou l’Ethiopie) ou insuffisant (comme le Canada et l’Australie), ces contributions couvrent tout de même 93% des émissions mondiales. Ce qui permettra aux Etats de négocier sur des bases solides.

Par ailleurs, 147 chefs d’Etats ont accepté de se retrouver à Paris pour échanger de l’avenir de la planète. Même les pays les plus émetteurs seront présents à la table des négociations (Chine, Canada, Australie, Etats-Unis…).

Cependant, les Pays du Moyen-Orient, notamment les pays exportateurs de pétrole, continuent à freiner les négociations. Parmi les états du Golfe persique, seuls les Emirats Arabes Unis ont remis une contribution nationale (somme toute minimaliste). L’Iran, l’Irak, le Quatar, le Koweït et l’Arabie Saoudite se font toujours attendre…

 

COP 21, et après…

 

Quelle que soit l’issue de la COP 21, et quel que soit le contenu de l’accord qui sera adopté à Paris, la lutte contre le changement climatique n’est réellement possible sans la volonté et l’engagement de chacun d’entre nous. Que nous soyons élu d’une collectivité locale, chef d’entreprise, enseignant, membre d’une association ou citoyen, nous avons tous un rôle à jouer. Chaque geste, chaque choix, doit tenir compte des enjeux climatiques et ainsi contribuer au développement d’une société moins énergivore, plus sobre en carbone et plus responsable.

Le défi climatique est une question hautement politique, mais pas uniquement. C’est également un défi sociologique inédit. A nous d’en prendre conscience et d’agir en conséquence…. dès maintenant !

 

Pour suivre l’évolution des négociations au jour le jour

 

30 novembre 2015
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