Economie de la fonctionnalité : déployer les effets utiles !

Cela ne fait plus débat, le modèle économique actuel ne répond pas aux enjeux du développement durable : il est issu du modèle industriel fondé sur une logique de vente de biens et de services standardisés, associée à une recherche de production en volume. Conséquence, on utilise plus de matières et plus d’énergie pour produire plus de valeur.

 

L’économie de la fonctionnalité, c’est le service plutôt que le produit : on remplace la vente du bien par la vente de « la valeur de son usage » avec une intégration de biens et de services.

L’habitant achète une température de confort lorsqu’il est à domicile plutôt que du combustible.

Le vieux modèle économique qui a fait de la rentabilité la priorité, en abordant la productivité de manière monétaire, a déjà évolué vers des mises en œuvre du principe de fonctionnalité en rendant le service plus performant.

Par exemple, certains bailleurs sociaux mettent en place la co-conception en créant un collectif permettant la concertation entre la maîtrise d’ouvrage, la maitrise d’œuvre ainsi que les futurs locataires avant et pendant la phase exécution des travaux. L’objectif est double : augmenter la performance du service d’une part, on remarque que souvent les futurs locataires décident de logements plus modestes en volume au profit d’espaces communs plus importants, et augmenter les effets utiles : réduire les charges des logements.

En rupture donc avec le modèle dominant, l’économie de fonctionnalité demande à l’entreprise, quel que soit son statut, de se poser des questions telles que : à quoi sert le produit, le service ? Quels effets utiles proposent-ils ?

Elle doit alors repenser son offre de produit et de services en tenant compte des usages et des effets utiles attendus par le client final. C’est la convergence d’intérêt entre l’entreprise et le bénéficiaire et des engagements réciproques qui créent l’objectif à atteindre, c’est-à-dire la performance d’usage des biens et des effets attendus.

L’économie de la fonctionnalité réinterroge aussi le mode de développement des filières et passe par des initiatives d’économie circulaire où l’entreprise va chercher à économiser et à utiliser en boucle les matières qui composent ses produits. Ce principe est adapté à la raréfaction des ressources naturelles et est en phase avec le développement durable.

Plus sobre dans l’utilisation des ressources matérielles, plus génératrice de valeur immatérielle : confiance, pertinence, compétence et santé, ce modèle repose sur l’intersubjectivité dans la relation qui s’opère entre les personnes en charge de la prestation et les bénéficiaires.

Enfin, cette manière de penser l’économie ouvre le champ des possibles : en déplaçant son offre du produit vers un bouquet de biens et de services, l’entreprise peut facturer différemment et ne plus être soumise à la pression concurrentielle. C’est la possibilité de sortir des vieux modèles industriels et de mettre en avant la qualité du service et la réflexivité.

6 juin 2017
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