EnR Tour de Seine Normandie Agglomération : à la découverte des énergies renouvelables

Seine Normandie Agglomération a été retenue par la Région Normandie pour devenir un territoire « 100% EnR » en 2040. L’agglomération se donne l’objectif de produire l’intégralité de l’énergie consommée sur le territoire par le biais des énergies renouvelables à cet horizon, ce qui nécessite une mise en mouvement de l’ensemble de ses communes dès aujourd’hui. La journée EnR Tour a permis aux élus de la communauté d’agglomération de découvrir ou d’approfondir leurs connaissances des différents moyens de production d’énergies renouvelables tels que le solaire, l’éolien, la méthanisation, l’hydraulique ou encore le bois-énergie.

Visite d’un parc éolien et d’un bâtiment à énergie positive

Pour commencer la journée, les élus ont pris place dans un autocar électrique faisant partie de la flotte d’un transporteur local. Le bus, disposant d’une autonomie de 200 à 250 kilomètres et nécessitant 4 heures de recharge, a suscité un intérêt et beaucoup de questions de la part des participants. L’énergie produite localement pourrait dans quelques années servir à alimenter les bus traversant les territoires.

La première étape de ce tour des énergies renouvelables était le parc éolien de Tourny. Développé par la société Energy Team, il a été inauguré en février 2018, 14 ans après l’idée initiale. Les élus ont pu, à tour de rôle, entrer dans le mât de l’éolienne pour en découvrir le fonctionnement.

Dans le même temps, le président de la société Energy Team et le maire délégué de Tourny, M. Durand, ont présenté la longue histoire du projet et les caractéristiques du parc. Les six éoliennes mesurent plus de 90 mètres et produisent l’équivalent de l’électricité de 2500 foyers. Elles sont situées sur un grand terrain agricole appartenant à 5 propriétaires différents, dont 3 agriculteurs.

Après avoir observé l’éolienne se remettre en route et trouver le vent, la visite a continué direction Douains. Dans le bus, un représentant de la société Symbio a présenté la démarche « EAS-HyMob » portée par la Région Normandie et qui initie le développement de la mobilité hydrogène dans le territoire et de flottes de véhicules associés. Le déploiement de 15 stations est prévu pour le moment, dont 3 dans l’Eure, installées par le SIEGE 27.

La seconde étape du tour passait par l’entreprise Terre Solaire, dirigée par Louis-Rodolphe Marie qui a accueilli le groupe pour présenter la société. L’entreprise a 10 ans et compte presque 30 salariés, à Douains mais aussi à Montpellier et à Lyon. La structure exerce plusieurs compétences : conseil et études, installation de panneaux photovoltaïques, maintenance des installations. Elle propose aussi des solutions de financement ainsi qu’une offre d’électricité solaire couplée à la production de petites centrales hydrauliques. Le groupe d’élus a visité le siège de l’entreprise qui est un Bâtiment à Energie Positive (BEPOS), puisqu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Livré en 2011, le bâtiment est conçu pour maximiser la lumière naturelle et diminuer les consommations énergétiques. La production d’électricité, assurée par des panneaux solaires posés sur le toit mais aussi par un abri solaire et une ombrière de parking, est quatre fois plus importante que la consommation du bâtiment.

Les élus ont pris place autour d’un buffet de produits locaux et zéro déchet.

Frédéric Duché, Président de Seine Normandie Agglomération a pris la parole pour présenter la démarche  » territoire 100% EnR en 2040″. Avant la fin de l’année, SNA présentera une stratégie et un plan d’actions pour diminuer de 50% sa consommation d’énergie et couvrir 100% des besoins restants en énergies renouvelables d’ici 2040. Le territoire compte déjà des installations d’énergies renouvelables : un parc éolien, des agriculteurs qui installent des panneaux photovoltaïques sur leurs bâtiments, des chaufferie bois. Des projets de méthanisation ou de ferme solaire photovoltaïque sont en cours de développement. Il a également évoqué le deuxième axe de cette stratégie, la sobriété énergétique, qui passe par la réhabilitation des logements ou des bâtiments publics. 13 communes sont accompagnées par un Conseiller en Energie Partagée pour la rénovation énergétique de leur patrimoine, ce qui leur permet de mieux suivre et maîtriser la consommation de leurs bâtiments communaux et de leur éclairage public.

Sébastien Lecornu, Secrétaire d’État auprès du Ministre de la Transition Écologique et Solidaire et Président délégué de Seine Normandie Agglomération a pris la parole pour évoquer son action au niveau national, qui pourra avoir un impact concret pour le développement des énergies renouvelables dans les territoires. Il a évoqué le travail qu’il mène depuis 8 mois pour faciliter leur déploiement. Sur le sujet de l’éolien, il a insisté sur la nécessité d’inclure plus de financement participatif dans les projets, mais aussi de reverser une plus grande partie de la fiscalité locale (IFER) aux communes qui porteront le projet (un minimum de 20%) . Sur la méthanisation, le groupe de travail souhaite lever plusieurs freins tels que l’acceptabilité des projets, le financement de l’investissement et assouplir la réglementation. Il a enfin parlé du solaire, pour lequel il faut trouver du foncier, comme celui des friches industrielles, développer l’autoconsommation et le solaire thermique qui permet de chauffer l’eau chaude sanitaire.

 

Des échanges sur les « idées reçues » des énergies renouvelables

L’après-midi d’échanges sur les énergies renouvelables s’est poursuivie par une table-ronde organisée par l’ALEC 27. Six intervenants ont évoqué tour à tour les enjeux de développement des différentes sources d’énergies renouvelables :

  • Justine Peullemeulle de l’Association Energie Partagée a évoqué l’importance de la participation des citoyens dans les projets d’énergie renouvelables, notamment pour le financement et pour l’acceptabilité des démarches sur le territoire.
  • Louis Rodolphe Marie de l’entreprise Terre Solaire a expliqué la différence entre le solaire photovoltaïque (qui produit de l’électricité) et le solaire thermique (qui permet de produire de l’eau chaude), puis évoqué les écarts de rendements qui existent entre la Normandie, le Sud-Ouest et le Sud-Est, tout en expliquant que cela n’empêche pas d’installer des panneaux solaires photovoltaïques dans nos régions car la rentabilité est aussi au rendez-vous.
  • François-Xavier Dumur de l’entreprise Novéatech a évoqué les enjeux de développement de la méthanisation, qui existe depuis longtemps et qu’on redécouvre aujourd’hui pour produire du biogaz. Il a mis en avant les différentes façons de valoriser le biogaz produit (injection dans le réseau après épuration, cogénération de chaleur et d’électricité).
  • Roger d’Orglandes a parlé de la centrale hydro-électrique qu’il a contribué à remettre en route à Heudreuville-sur-Eure. Construit en 1870 pour faire fonctionner des usines textiles, elle a été reconstruite dans les années 90 puis un nouveau système a été installé en 2014, celui des turbines à vis hydrodynamiques. Il a souligné le temps nécessaire au développement d’un tel projet, qui était pourtant soutenu par toutes les parties prenantes.
  • François Delsigne du cabinet Auddicé a évoqué les méthodes d’intégration paysagère des projets éoliens, qui permettent d’en améliorer l’acceptabilité. L’impact sur le paysage est souvent un argument majeur des opposants à ces démarches, mais cela peut être discuté via la réalisation d’études paysagères.
  • Simon Le Brun de l’ALEC 27 a évoqué le fait que la ressource en bois du territoire est suffisante pour assurer le fonctionnement des chaudières déjà existantes et en projet.

La journée s’est terminée par des ateliers thématiques autour des intervenants : solaire, éolien, hydraulique, méthanisation, bois-énergie. Les discussions se sont focalisés sur les « idées reçues » des énergies renouvelables permettant de mieux connaitre leur fonctionnement.

Dans l’atelier éolien, les élus ont parlé de l’intégration paysagère des parcs qui paraît souvent être un frein, et ont aussi discuté du bruit, de l’impact sur la biodiversité, des retombées économiques des éoliennes sur un territoire.

Dans l’atelier sur le solaire, les échanges ont tourné sur la rentabilité des installations, sur la provenance et la recyclabilité des panneaux solaires, ou encore sur leur intégration à un bâtiment.

Sur la méthanisation, les intervenants ont évoqué les mauvaises pratiques existantes, mais qui restent rares malgré tout , sur les gaz à effet de serre émis par les installations ainsi que sur les risques et nuisances supposés pour le voisinage.

Sur l’hydraulique, il a été question des conditions de remise en fonctionnement d’anciens barrages et de leur exploitation au quotidien, ainsi que des normes écologiques à respecter.

Sur le bois énergie, les élus ont discuté de la fiabilité des chaudières bois, du coût de cette ressource qui est stable contrairement au prix des énergies fossiles qui risque d’augmenter, des émissions de particules fines liées à la combustion du bois qui sont beaucoup plus faibles dans les installations actuelles que pour les systèmes de chauffage anciens.

Vous retrouverez prochainement sur notre site les idées reçues qui circulent sur ces différentes énergies renouvelables et les réponses qu’on peut leur apporter.

Crédit photo: ALEC 27

 

12 avril 2018
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