Comment j’ai changé – épisode 2

Dans le premier épisode, j’ai expliqué que le changement m’avait demandé du temps, afin de me familiariser et de m’intéresser plus profondément aux causes et conséquences de la pollution que je constatais dans mon environnement.

J’ai aussi montré l’importance des relations sociales avec les proches : le fait que mon mari ne soit pas opposé à la mise en place d’éco-actions et le fait que mes amis soient globalement très sensibles et actifs par rapport à la préservation de nos ressources, ce qui m’a d’autant plus incitée à m’y intéresser.

J’ai également expliqué qu’il était facile de commencer par de petits gestes : éteindre la lumière et diminuer le chauffage pendant les heures d’absence. Ces gestes ont également l’avantage de provoquer un gain économique immédiat.

Je souhaiterais à présent témoigner sur la mise en place concrète d’actions plus approfondies : quels ont été les points forts et les freins à la mise en place de ces actions ? Explication de mes déboires et de mes rechutes :

 

  1. Une fois qu’on a décidé de changer et qu’on a commencé : comment fait-on pour aller plus loin ?

Il faut savoir trouver ses limites, ce que j’accepte et ce que je n’accepte pas. Il était intéressant de constater lors d’une conférence sur le sujet de la mise en place d’éco-actions que lorsque le conférencier a parlé de la diminution de la température dans les logements, une des personnes de l’assistance s’est exclamée qu’elle ne le ferait jamais, que c’était 0001impossible alors que c’est pour moi un petit effort. Au contraire, lorsqu’il a parlé du fait de réduire le temps des douches, la personne a dit qu’il était évident qu’une douche n’excédait pas 5 minutes alors que réduire le temps de mes douches est un effort très conséquent pour ma part.

Nous n’avons pas tous les mêmes notions quant au confort, nous ne sommes pas tous prêts à changer les mêmes habitudes ou les mêmes postes de consommation. Il faut avoir conscience de ce qui est fondamental pour nous et essayer de voir comment contourner les problèmes ou compenser par d’autres actions, comme je vous l’expliquerai plus tard.

Il est à mon sens nécessaire de s’accorder le temps du changement car dans le cas contraire, c’est au risque de se décourager ou de se dégoûter du changement. Je n’ai pas encore changé la totalité de mes habitudes et peut-être que je n’y parviendrai jamais ; mais je ne renonce pas à trouver de nouvelles idées et de nouvelles façons de réduire mes consommations énergétiques. Des personnes très engagées que je connais continuent également à s’interroger et à innover, il faut donc entamer le changement doucement mais sûrement.

Enfin, afin d’aller plus loin et de dépasser le stade de la ‘simple’ diminution de chauffage et d’extinction des lumières, il n’y a à mon sens pas beaucoup de solutions : il faut se renseigner, un peu de volonté et un peu de test.

  1. La mise en pratique des actions !

Je n’ai pas commencé à changer mes pratiques avec un plan d’actions ordonné et planifié. J’ai commencé par ce qui me tenait le plus à cœur et me semblait le plus important et je vous conseille de procéder de la même façon.

 

  • La façon dont je nettoie la maison, le linge et ma peau

Une de mes premières actions a été de m’interroger : est-ce que le linge est vraiment aussi bien lavé à 30°C qu’à 90°C ? Mon mari voulait déjà que j’arrête de tout laver à 90°C, car cela use le linge plus vite. Je me suis renseignée : est-ce que les bactéries sont vraiment tuées à 30°C ? Il s’avère que oui. J’ai testé et lavé le linge à 30°C : il est aussi propre qu’à 90°C. OK, adopté.

J’ai ensuite regardé l’ensemble de mes produits ménagers avec des pictogrammes de tête de mort et de poissons morts en me disant qu’ils n’étaient peut-être pas les produits les plus bénéfiques au monde. A travers mon travail j’ai rencontré et me suis renseignée sur les produits ménagers faits par soi-même et ne contenant pas d’autres agents nettoyants que de la soude, du vinaigre et du savon (et un peu d’huile essentielle pour le parfum et la fantaisie). Vous pouvez trouver de très nombreuses recettes de produits multi-usages sur les sites suivants :

http://www.smedar.fr/editorial-fabriquer-ses-produits-menagers-ecologiques-222.html

http://www.vencezerodechet.com/recettes-pour-fabriquer-des-produits-menagers-soi-meme/

J’ai également commencé à m’interroger sur les produits esthétiques et les bouteilles plastiques contenant les shampoings et autres savons. Je me suis notamment interrogée dans le cadre d’une randonnée de plusieurs semaines car je voulais pouvoir laver mon linge et ma vaisselle sans risquer de polluer mes sites de camping sauvage. J’ai opté pour des savons solides biodégradables sans emballages autre qu’une petite pochette plastique ou boîte métallique et je n’ai plus changé.

 

  • Economiser le chauffage

Je savais aussi qu’il fallait fermer les volets le soir (éviter les déperditions de chaleur la nuit) et les ouvrir le matin (récolter un peu de la chaleur solaire). En hiver, c’est affreusement stupide et décourageant : je les ouvre le matin alors qu’il fait nuit et je les ferme le soir quand il fait toujours nuit. Néanmoins, je savais que la journée, la maison avait pu bénéficier d’un peu de chaleur du Soleil : j’ai donc fait cet éco-geste un temps. Par la suite, j’ai abandonné car prendre le temps d’ouvrir les volets le matin, alors que j’ai vraiment autre chose à faire et qu’il n’est pas dit qu’il ne pleuve pas toute la journée, cela m’a découragé. J’ai repris depuis peu, mais les volets n’ont pas souvent été ouverts l’année dernière…

L’ensemble des tuyaux de chauffage étant bien isolés (‘calorifugés’ est le terme exact qui permet de gagner au scrabble), il n’y avait pas d’action à entreprendre de ce point de vue. Nous avons également décidé d’avoir une température de base de 16°C dans la maison chauffée au gaz et de compléter les degrés manquants grâce à notre insert bois qui chauffe uniquement la pièce de vie et les chambres.

L’un de nos projets de maison est d’installer un grand rideau le long d’une baie vitrée qui nous chauffe de façon passive et efficace au printemps et en automne mais qui représente une réelle perte et sensation de paroi froide en hiver.

 

  • La façon dont je me nourris

L’étape d’après a été la façon dont je me nourris car il m’est apparu que la façon dont je me nourris conditionne en grande partie ma bonne santé. Enorme sujet. Des milliers d’ouvrages et de personnes ont écrit dessus, je vais donc être synthétique. Il est essentiel, à mon sens, de retenir trois choses :

  1. Il faut diversifier ses sources de nourriture et ne pas se limiter aux féculents et à la viande. Il faut manger des fruits secs (amandes, noix…), des huiles (huile de sésame, de noisette, d’olive…), des légumineuses (lentilles, pois chiches, pois cassés…) en plus, évidemment, des légumes et féculents courants ou moins courants (boulgour, quinoa).
  2. Il faut manger de saison et dans la grande majorité du possible, local et bio : parce que les aliments de saison demandent moins d’énergie à être produits et sont gorgés des bienfaits de l’environnement au moment où ils sont récoltés ; et locaux parce qu’il n’y a pas de mal à soutenir les maraîchers, agriculteurs et cultivateurs près de chez soi qui en plus ne polluent pas l’environnement. Et c’est possible de le faire pour pas cher.
  3. Il faudrait limiter les produits laitiers en sur quantité, c’est-à-dire éviter de manger du fromage+du yaourt+le bol de lait du matin+le lait dans le thé ou le café. Il semblerait que le calcium du lait de vache ne soit de toute façon pas assimilable dans son intégralité sous sa forme ‘lait pur’ par notre organisme.

Il me semble que le reste des éléments sur lesquels j’ai pu me renseigner et que j’applique parfois est soumis à débat et dépend réellement des besoins et goûts de chacun. La nourriture est plus qu’un simple acte de se nourrir pour rester en vie : c’est aussi le partage avec des amis, avec de la famille et c’est aussi un acte qui conditionne notre humeur. Essayer de vous priver d’un aliment que vous aimez particulièrement de façon brutale et pérenne, comme le chocolat dans mon cas : vous serez nécessairement irritable et très heureux quand vous recommencerez à en manger parce que vous finirez par craquer si vous ne vous en privez pas pour une TRES bonne raison.

 

  • Auto-produire : jardiner bio avec installation d’un composteur

J’ai en effet oublié de préciser que nous avons changé de maison et que nous avons aussi eu un enfant (ce qui change aussi beaucoup de choses par ailleurs) entre le début de mes éco-actions et ma dsc01820situation actuelle. Il s’avère que maintenant, j’ai un jardin et un de mes rêves étant de cultiver un petit quelque chose pour littéralement récolter les fruits de mon labeur, une des premières choses que j’ai faite avec mon mari est de mettre en place un composteur.

Tout jardinier saura que la qualité de sa récolte résultera en grande partie de la qualité de la terre et de sa richesse. Afin d’avoir une terre d’une qualité suffisante, il était important que cette terre soit abondée de terreau, qui serait issu de mon propre composteur.

Le composteur, toute une histoire. Pas tant pour le créer ou le monter (n’oubliez pas l’huile de lin qui permet de donner une résistance et une longévité plus importante au bois) mais que pour l’alimenter. En effet, que met-on dedans ? Lors d’une soirée barbecue, nos amis ont posé leurs assiettes sur le composteur et j’ai constaté avec effroi qu’ils jetaient leurs os de poulet dedans. J’ai dû leur expliquer que le composteur n’était pas une poubelle.

De nombreux sites existent pour expliquer ce qu’il faut mettre ou non dedans (il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de se repérer). Je vous conseille pour ma part les sites suivants :

https://compost.ooreka.fr/comprendre/fabriquer-composteur

http://www.terrevivante.org/435-faire-son-compost.htm

Pour les grands flemmards qui ont du temps, il existe aussi la solution pas très esthétique de faire un tas de déchets organiques quelque part dans le jardin, tout simplement.

 

J’aborderai la question du jardinage bio en lui-même et de mes actions concernant l’électricité au prochain épisode. Ce sera également pour moi l’occasion d’expliquer comment faire pour changer de façon pérenne et ne pas se désespérer face à une attitude qui serait désinvolte ou désintéressée de la part des ‘autres’. Affaire à suivre!

3 janvier 2017
par