Comment j’ai changé – épisode 3

Dans l’épisode 2, j’ai décrit un ensemble d’actions que j’ai commencé à mettre en place. La bonne nouvelle, entre mon dernier article et aujourd’hui, est le temps qui a passé (7 mois, tout de même) et les nouvelles réflexions que j’ai eues et que je voudrais partager avec vous.

 

  1. Changer, mais jusqu’où ?

Il s’agit maintenant d’aller plus loin : plus loin dans le temps et plus loin dans certaines actions. Sachez que si vous le voulez vraiment, c’est une démarche qui ne s’arrêtera jamais et c’est un sacré voyage : il y aura toujours des gestes plus écologiques à adopter. En commençant à vous intéresser aux questions de protection de votre environnement, vous pouvez totalement repenser votre mode de vie. C’est à vous et votre entourage de savoir le sens que vous voulez donner à votre engagement et de délimiter l’effort auquel vous souhaitez consentir.

Par ailleurs, selon votre âge, votre condition physique ou votre habitation, vous pouvez être contraints à certaines dépenses énergétiques. Il est connu que des personnes âgées ou des enfants en bas âge ont besoin d’avoir des logements davantage chauffés que des adultes, par exemple. Des personnes qui vivent en appartement collectif ne peuvent pas toujours maîtriser la température de leur chauffage. Des personnes qui souffrent d’un handicap ne peuvent pas forcément se déplacer à pied ou à vélo. Néanmoins, même si les marges d’action sont réduites, elles existent toujours.

 

Pour ma part, je continue dans les gestes que j’ai déjà adoptés : j’éteins mes veilles, je privilégie la nuit pour mettre en marche le lave-linge et le lave-vaisselle, j’achète local et bio autant que possible, je vais au travail en vélo électrique, etc. J’étudie et me renseigne sur des nouvelles pistes d’action : adopter des couches lavables, maîtriser ma consommation d’énergie liée à mes usages numériques, perfectionner ma connaissance du jardinage bio. Il y a toujours des possibilités et des actions pour consommer moins de ressources et d’énergie, même quand on en fait déjà beaucoup.

 

  1. Changer, mais changer dans la durée et ne pas se décourager, comment faire ?

Ainsi que vous avez pu le constater, le changement demande du temps, de la réflexion, de l’appropriation par le test et de la recherche d’un peu d’informations. C’est avant tout un investissement humain en trouvant les compromis avec les autres membres de la famille et parfois avec ses amis ou ses voisins. Tout votre entourage n’est pas forcément convaincu et peut être un peu dubitatif (pour ne pas dire plus) quant aux actions que vous mettez en œuvre.

Il n’est pas possible d’adopter tous les éco-gestes d’un coup non plus : je n’ai pas acheté mes produits écologiques en même temps que j’ai changé mon alimentation (je limite ma consommation de viande à la maison au maximum), ni en même temps que j’ai mené mes travaux d’isolation, ni en même temps que j’ai pensé à mettre des couvercles à chaque fois que je cuisine, ni en même temps que j’ai installé un seau dans ma douche pour récupérer l’eau tant qu’elle n’est pas chaude, etc.

Il faut laisser du temps au temps. La clé de la pérennité est de ne pas brusquer les changements et de les faire dans la compréhension profonde de l’intérêt que représentent ces gestes. Plus vous serez informés et convaincus, plus il vous sera facile d’agir car vous percevrez les impacts ou l’intérêt de votre action même si vous ne retrouvez pas le retour sur investissement immédiat dans votre environnement ou dans votre portefeuille.

Changer dans la durée demande de s’impliquer par étapes. Parfois, nous ré-adoptons des éco-gestes que nous avions abandonnés (celui d’ouvrir et de fermer les volets en hiver par exemple, dans mon cas). Parfois, nous ne parvenons pas à faire de concession sur notre confort : il sera toujours très difficile pour moi de prendre des douches de moins de 15 minutes (plutôt 20 minutes dès que je peux, pour être tout à fait honnête).

  1. Changer, mais si les autres ne changent pas : à quoi cela sert-il ?

Cela restera une grande source de frustration et de colère : pourquoi, alors que je le fais pour mon bien mais aussi celui des autres, et alors que cela me demande un effort, pourquoi l’autre ne le fait-il pas ? Plus simplement : pourquoi le faire si l’autre ne le fait pas ?

Il est certain qu’il serait plus rapide et efficace si toute l’humanité se réveillait un beau matin en décidant que la protection de nos ressources et de notre environnement est sa première priorité, avant de gagner de l’argent, avant d’être en sécurité dans sa maison parfois mal isolée ou surchauffée ou avant de bénéficier du confort de la vie moderne. L’efficacité des comportements sobres en énergie serait indéniable s’ils étaient adoptés par la majorité.

Néanmoins, votre action sobre en énergie aura toujours un intérêt et un impact positif, quelle que soit son échelle, et ce pour plusieurs raisons, dont voici quelques exemples :

  • pour l’estime que vous avez de vous-mêmes,
  • pour l’amélioration du cadre de vie que vous apportez aux autres et à vous-mêmes,
  • pour l’exemple que vous donnez que cet engagement est possible,
  • pour la lutte contre l’épuisement des ressources,
  • pour la pollution qui est évitée, etc.,

Soyez assurés que votre engagement, s’il est répété toute votre vie, sera utile.

Concernant les autres, il existe à mon sens plusieurs stratégies pour ne pas nourrir de colère ou de ressentiment à leur égard :

  1. COMPRENDRE. Vous pouvez leur demander d’expliquer leur comportement. Ils ont certainement une raison tout à fait valable d’agir comme ils le font. Avant de les juger et de les blâmer, comprenez leurs motivations et leurs contraintes car après tout, tout le monde fait du mieux qu’il peut.
  2. S’ASSOCIER. Au lieu de ruminer dans votre coin, vous pouvez leur expliquer votre démarche, les impliquer et finir par vous associer. Vous pouvez leur proposer vos projets et les co-construire avec eux, vous pouvez créer des flyers, faire des campagnes de communication, des réunions « énergie » dans votre quartier. Vous serez plus forts si vous êtes plus nombreux.
  3. EXPLIQUER/INTERPELLER. Vous pouvez les interpeller. Vous organisez une action, tel que le ramassage des déchets dans votre quartier et vous allez voir tous vos voisins avec les déchets que vous avez ramassés en leur demandant ce qu’ils en pensent. Ou vous faites une œuvre d’art que vous exposez dans le quartier avec ces déchets. Ou vous les mettez en tas sur la place publique et à chaque fois, vous accompagnez votre action d’un panneau qui interroge les personnes et leurs actions. Etc.
  4. PRENDRE DU RECUL. N’oubliez jamais que les autres sont libres. Vous êtes aussi libres par rapport à eux qu’ils le sont par rapport à vous. Si personne ne vous oblige à aller dans des chaînes industrielles de fast-food tous les jours, pourquoi et comment voudriez-vous obliger des personnes à aller au travail en vélo tous les jours, par exemple ? Même si le bien de tous ou la protection de l’environnement fondent votre action et votre argumentaire (et que ce sont des buts louables et importants), je suis convaincue que la bienveillance commence par le respect. Nous ne sommes pas dans une dictature. Chacun choisit son comportement et je ne connais personne qui assume totalement et sans état d’âme de détruire son environnement. Si de telles personnes existent, il serait intéressant de leur rappeler qu’aucune colonie humaine ne s’est établie sur Mars parce que l’environnement de cette planète n’est pas tout à fait propice à notre développement. Il y a donc peut-être un lien entre environnement et possibilité de vie pour l’homme…

 

Je vous souhaite à tous de continuer à vous engager, de diffuser vos bonnes pratiques auprès de vos amis, de votre famille, de vos voisins, de vos collègues. N’hésitez pas à les partager avec nous, vos retours nous sont très précieux pour continuer à vous donner l’information la plus précise et pertinente possible.

Si vous n’étiez pas encore convaincu et que vous voulez commencer à tester des éco-actions sans savoir comment vous y prendre, n’hésitez pas à rencontrer nos conseillers info-énergie et solliciter leurs conseils avisés, neutres et gratuits.

Bonne continuation !

 

9 août 2017
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