La ouate de cellulose, bien plus que du papier journal recyclé !

Le bois est produit par les arbres et son constituant principal est la cellulose. Elle lui confère souplesse et robustesse. La cellulose est  la matière organique la plus abondante sur terre et représente environ 50% de la biomasse.

Depuis des millénaires déjà, le bois est utilisé pour la fabrication du papier. En Europe, c’est vers 1800 qu’un Néerlandais, Matthias Koops, revendique l’invention de la fabrication du papier à base de fibres de bois et  un brevet lui est accordé. Après un traitement chimique du bois avec de la soude ou de la potasse, on ne conserve que la cellulose pour la fabrication du papier.

Aujourd’hui, le bois couvre 80% des besoins en fibres cellulosiques. Pour le papier, on utilise de préférence du bois des résineux constitué de fibres plus longues que le bois des feuillus et donnant un papier de plus grande qualité.

Avec le développement de la presse écrite au début des années 1900, le besoin de papier et donc de cellulose a explosé. Contrairement à une idée reçue, les technologies numériques n’ont pas fait baisser notre consommation de papier.

Recyclage  des matières premières

Vers les années  1970 a commencé la collecte des papiers usagés, afin de les recycler et de leur donner une nouvelle vie.

Les avantages économiques et écologiques sont nombreux : à l’échelle mondiale, 75 millions de tonnes de papier sont recyclées. Ce tonnage équivaut à la production de 300 usines de pâte à papier et fait économiser environ 300 millions de m3 de bois, comparable à 60 millions d’hectares de forêts sur l’hémisphère Nord soit  93 fois la surface de la France !

Histoire d’isoler

 

L’idée d’utiliser le papier comme isolant n’est  pas nouvelle.  Le papier et donc la cellulose sont connus depuis des lustres comme isolants thermiques.  Les  anciennes générations, en hiver,  mettaient souvent du papier journal sous les vêtements avant de sortir pour ne plus sentir la morsure du froid. Quand les élèves allaient à l’école en hiver, ils mettaient de même,  une feuille de journal dans leurs sabots. Et, exemple portant moins à rire, les sans abris se confectionnent toujours des abris de fortune avec du carton et du papier pour se protéger du froid.

Au Canada, aux Etats-Unis et dans les pays Scandinaves, la fabrication et l’utilisation de la ouate de cellulose comme isolant thermique du bâtiment date des années 1930. En effet, les habitants des maisons construites avec des matériaux modernes comme le béton et l’acier se rendaient compte qu’elles étaient chaudes en été et froides en hiver et qu’il fallait apporter une isolation pour y remédier.

Un isolant performant et polyvalent

Les avantages de la ouate de cellulose sont nombreux ; valorisation des déchets, facile à mettre en œuvre, laissant passer la vapeur d’eau (hygroscopique) , inertie, isolant phonique et  thermique certifié et l’un des matériaux isolants bio-sourcés les plus économiques.

Cependant, un article sur la ouate ne serait pas complet sans mentionner la polémique sur le sel de bore.

Le sel de bore peut servir à traiter les xylophages, certains champignons, en plus de retarder le feu. Les insectes ne pondront plus, le sel de bore sert de répulsif. Lorsqu’il est en contact avec une chaleur intense, il dégage des molécules d’eau et carbonise instantanément la surface en contact avec la chaleur. Le sel de bore est donc très utilisé pour la fabrication d’isolants. Ingéré à grande dose, le sel de bore peut entrainer nausées, irritations cutanées, essoufflement, maux de tête et de graves lésions des organes. Toutefois, les quantités utilisées dans la ouate de cellulose sont trop faibles pour générer ce genre de problèmes, sauf chez des personnes ayant une sensibilité particulière au Borax ou au sel de bore. Vous trouverez un historique factuel sur l’utilisation du sel de bore en suivant le lien sous l’article.

Les produits  commercialisés

L’isolant en ouate de cellulose se présente en panneaux et en vrac.

Les panneaux sont  faciles à mettre en œuvre,  entre rails métalliques ou dans une structure bois. Puisqu’il s’agit de fibres courtes, les panneaux se découpent sans effort sur mesure.  Ils sont recommandés spécifiquement pour une isolation phonique des parois (murs mitoyens ou plafonds, par exemple), doublée d’une fonction thermique.

Le produit en vrac demande une attention particulière lors de la mise en œuvre.  Il y a trois façons de la mettre en œuvre, soufflage, insufflation et projection humide.

Le soufflage est particulièrement recommandé pour l’isolation des planchers de combles perdus. Le produit remplit tous les creux, vides et interstices de la structure des solives ou solivettes, supprimant les ponts thermiques et assurant une isolation homogène.  Bien entendu, le cas échéant, la pose d’un frein-vapeur dans les règles de l’art est indispensable à la bonne tenue de l’isolant et on veillera à bien soigner la jonction entre la toiture et la maçonnerie si celle-ci se trouve à la hauteur de l’isolant.

La ouate compactée se fait aérer à l’aide d’une machine appelé cardeuse/souffleuse, restant au rez de chaussée et passe dans un long tuyau souple qui l’amène vers les combles. L’intervention peut se faire en passant par la toiture, évitant des désagréments à l’intérieur de la maison pendant le chantier. Après la pose, l’artisan « croûte » la surface en vaporisant un voile d’eau faisant coller la surface de la ouate pour éviter l’envol des fibres  lors de courants d’air. Le produit sera posé avec une densité allant de 25 à 35 Kg au m3.

L’insufflation est utilisée pour isoler des caissons parfaitement étanches à l’air. Cette technique est plus commune dans la construction neuve, les parois pouvant êtres assemblées et remplies en atelier ou remplies sur place. Puisque la densité varie de 40 à 60Kg au m3, il n’y a pas de risque de tassement. L’étanchéité sera assurée côté intérieur et extérieur par des membranes ouvertes à la diffusion de la vapeur d’eau, de préférence rigides.  La matière est également insufflée par la cardeuse/souffleuse mais à plus haute densité. Ce procédé convient aussi bien pour des parois verticales que pour la toiture mais est assez délicat à mettre en œuvre lors d’une rénovation, la difficulté étant d’assurer  l’étanchéité à l’air. Mais là encore, des solutions existent !

La projection humide ou flocage est peu utilisée mais offre quelques solutions techniques intéressantes. Suppression de ponts thermiques et densité moindre, ce procédé peut être utilisé en plus faible épaisseur, pour des cloisons phoniques par exemple. La projection peut se faire sur une paroi inégale et la ouate projetée peut être laissée telle quelle (dans un atelier, par exemple) ou recouverte d’un parement. La période de séchage varie selon l’épaisseur, mais il faut compter 1 à 4 semaines. En faible épaisseur il n’y a pas besoin de structure de pose, supprimant les ponts thermiques et phoniques. Il faut disposer d’une machine spéciale.

Caractéristiques techniques

Le lambda de la ouate de cellulose varie de 0.038 à 0.042 W/(m.K), selon la technique, la marque et la densité mises en œuvre. La technique la plus utilisée étant le soufflage dans les combles perdus, la densité sera de 35 Kg au m3, avec une conductivité thermique (lambda) de 0.04 W/(m.K). Pour obtenir un R de 7 (m2.K)/W  (pour l’éligibilité au Crédit d’Impôts) il faudra donc une épaisseur minimale de 28 cm de produit après tassement.

Les panneaux ont généralement une densité d’environ 35 à 40Kg/m3 et un Lambda de 0.040 W/(m.K). La ouate a un coefficient de résistance à la diffusion de la vapeur d’eau (Mu) inférieur à 2 et un affaiblissement acoustique aérien (dB) > à 69 (selon les finitions utilisées).

Sa masse volumique lui confère de l’inertie, protégeant votre maison d’une surchauffe en été et vous assure une économie aussi bien sur votre facture de chauffage que pour le refroidissement de votre maison.

Conclusion

Tous ces avantages promettent à la ouate de cellulose un futur radieux et à vous un habitat confortable et économique en énergie.

Quelques liens pour en savoir plus :

https://cheque-eco-energie.normandie.fr/sites/default/files/contents/vie_reseau/fiches_techniques/160218-fiche_migration-vapeur-eau.pdf

https://cheque-eco-energie.normandie.fr/sites/default/files/contents/vie_reseau/fiches_techniques/160218-fiche_materiaux-biosources.pdf

http://www.materiaux-naturels.fr/dossier-ecologie/isolation-thermique/52-ouate-de-cellulose-et-sel-de-bore-faisons-le-point.html

Crédit photos: fotolia
6 mars 2018
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