Poêle de masse : mise en oeuvre pratique (4/5)

Toutes les deux à trois semaines, l’Espace Info-Energie de Louviers vous fait découvrir un équipement innovant de chauffage au bois à travers une série d’articles.

Dans ce troisième article Mr Boucherie aborde , entre autres, la mise en place du poêle et du conduit de fumée.

 

 

 Conduit de cheminée

Le diamètre intérieur du conduit de cheminée recommandé par le fabricant du poêle étant de 180mm, nous avons fait procéder au montage d’un conduit traditionnel en terre cuite IMERYS en conformité avec la norme NF DTU 24.1. Le kit comporte une trappe de ramonage, un chapeau de cheminée, des boisseaux isolés pour les parties froides (grenier et souche), des boisseaux alvéolés en terre cuite et un boisseau avec perforation pour la prise de fumée.

Le conduit réalisé est vertical, les distances au feu et hauteur de souche ont été respectées. L’isolant liège en vrac du plafond a été remplacé par de la vermiculite incombustible à proximité du conduit. Les boisseaux situés en parties non chauffées sont isolés et le diamètre intérieur préconisé (180 mm) du conduit a été respecté afin de prévenir des phénomènes de condensation et de réduction du tirage à l’origine de graves désordres.

En effet, une évacuation trop lente des gaz brûlés et un refroidissement trop rapide de ceux-ci peuvent entraîner une condensation des goudrons et imbrûlés contenus par les fumées sur les parois du conduit. Ces dépôts de bistre risquent ensuite de s’enflammer et provoquer un feu de cheminée.

Soubassement du poêle de masse et arrivée d’air

La résistance mécanique du plancher a été appréciée en fonction du poids total de l’installation (poêle + banc + conduit de cheminée). Au niveau de l’emprise du poêle, les poutrelles du plancher ont été doublées et aucun isolant n’a été incorporé.

La combustion d’un kg de bois nécessitant 6 à 8 m3 d’air, une arrivée d’air frais a été pratiquée à proximité du poêle.

Raccordement et montage

Le poêle a été livré et installé sur place par un monteur spécialiste de la marque, qualifié et formé. Le poêle est livré en kit, chaque pièce de stéatite le composant est numérotée. Contrairement au loto, il faut les monter dans l’ordre, l’élévation se fait rang par rang, selon les instructions du plan de montage fourni avec l’appareil.

Il a été raccordé au conduit de fumée par le bas via un banc contenant un conduit métallique rigide simple paroi en acier inoxydable. Le banc intègre un clapet de fermeture du conduit afin d’arrêter la circulation de l’air chaud lorsque le feu est totalement éteint. Ceci évite la perte des calories par convection et le refroidissement prématuré du poêle. Trois bouchons de ramonage ont été prévus pour avoir accès aux canaux de fumée.

Le montage a duré deux jours et demi. Suit une période de séchage de 5 jours pendant laquelle l’air circule librement dans le conduit. Vient une phase de rodage durant laquelle on brûle chaque jour une petite quantité de bois que l’on augmente progressivement.

Utilisation du système

Le poêle de masse accumule la chaleur dans la pierre stéatite pendant la combustion du bois et la restitue régulièrement et lentement, essentiellement par rayonnement thermique.

La masse du poêle (2,2t) influe sur le temps séparant deux rechargements. La capacité calorifique, la masse volumique et la conductivité thermique de la pierre stéatite confèrent un comportement singulier à ce type poêle. En effet, le foyer est chargé de bois tendre, bien sec, bien fendu produisant beaucoup de flammes sur une durée plutôt courte.

Après 1 à 3 heures de combustion, lorsque le feu est éteint, le clapet situé dans le banc est fermé. La température de surface extérieure de la pierre atteint 60 à 70°C en période froide. La température de la pièce principale oscille entre 18°C et 20°C. Du fait que le bois est brûlé rapidement et à allure nominale de chauffe, cela confère un très bon rendement (~85%). La température de combustion est élevée (~1000°C), ce qui diminue les imbrûlés. La température des fumées est faible du fait du tirage inversé, c’est-à-dire que les fumées circulent longuement à l’intérieur du poêle et le quittent par le bas en ayant pris soin de céder leurs calories. Par la trappe de ramonage, j’enregistre une température des fumées d’environ 150°C..

Nous brûlons de 3 à 25 kg de bois par jour selon la saison. La montée en température est progressive en début de saison. Nous passons progressivement d’un feu tous les 2 jours à 2 feux par jour lorsque les températures sont négatives.

Le modèle de poêle que nous avons fait installer intègre un four à bois. Il permet toutes les cuissons : de la teurgoule aux pizzas (~ 300°C) et apporte du confort à la maison en période de grand froid.

Essences de bois

Nous privilégions les essences de bois tendre (peuplier, sapin, bouleau), secs et bien fendus aux essences de bois dur (chêne, charme, hêtre). La palette non traitée est un excellent combustible. Les essences de bois tendre sont disponibles et présentent fréquemment un pouvoir calorifique intéressant (par exemple : 1kg de sapin produit 4,5 kWh tandis que 1kg de hêtre produit 4 kWh).

Le critère de séchage est très important, bien plus que l’essence choisie.

Exemple : alors que 1kg de hêtre produit 4kWh à 15% d’humidité, il ne produit plus que 1,7kWh à 60% (l’évaporation de l’eau consomme de l’énergie). Les kWh ne vous parlent pas ? pas grave, changeons d’unité : si un stère de bois à 15% d’humidité vous coûte 60 euros, alors il vous coûtera 140 euros pour produire la même quantité d’énergie à 60% d’humidité.

Il est fort probable qu’avec le temps, un voisin sympathique sera heureux de vous offrir un peuplier, un bouleau ou un sapin qui  réchauffera votre foyer pendant un ou deux mois.

L’acquisition d’une bonne fendeuse est quasi indispensable. Elle permet d’accélérer le séchage et d’obtenir les bûches de faibles sections recherchées (celles qui produisent beaucoup de flammes). Un tas de bois bien aéré, fendu, posé sur des palettes et couvert avec autre chose qu’une bâche favorise le séchage. Dans ces conditions, le séchage du bouleau ou de peuplier peut être obtenu en moins d’un an. L’idéal est de toujours avoir un an d’avance. Le bois est rentré sous abri durant l’été et juste avant la période pluvieuse et automnale.

Entretien du poêle

Le nettoyage de la vitre est presque gratuit, il suffit d’humidifier un chiffon, de tamponner un peu la cendre contenue dans le cendrier et de frotter gentiment la vitre. Le résultat est garanti !

Nous réalisons un ramonage chaque année. Il suffit d’ouvrir les trois bouchons donnant accès aux canaux de fumée et d’aspirer les cendres. Le conduit de fumée vertical et le clapet de fermeture sont accessibles via une trappe de ramonage située à son pied. Il suffit de passer un hérisson de diamètre 180mm de bas en haut et d’aspirer les suies.

Un grand merci à Mr Boucherie, le dernier article à venir, nous renseignera sur le retour des consommations, le confort et peut être d’autres choses !

Pour tous renseignements, vous pouvez contacter l’ALEC27 au 02 32 59 25 70 ou par e-mail contact@alec27.fr.

 

Pour consulter les différents articles de cette série sur le chauffage que nous avons publiés :

Poêle de masse : un système de chauffage peu connu (1/5)

Poêle de masse : naissance du projet (2/5)

 Poêle de masse : conception de la maison (3/5)

Poêle de masse : retour sur les consommations (5/5)

Et aussi :

Poêle ou insert : critères de choix économiques et écologiques (1/2)

Poêle ou insert : critères de choix techniques (2/2)

 

Crédit photo: Monsieur Boucherie
17 mars 2015
2 Commentaires/par
2 réponses
  1. THERY
    THERY dit :

    Vos articles sont très intéressants, mais celui-ci contient quelques grosses erreurs sur le pouvoir calorifique du bois : toutes les essences de bois, à poids et taux d’humidité égaux ont sensiblement le même PCI ; à 0% HR, c’est environ 5 000 kWh (un peu plus pour les conifères, un peu moins pour les feuillus.) Quels que soient le taux d’humidité, un volume donné de bois a à peu près le même PCI, à 2 ou 300 kWh par volume de 1 tonne sèche près. Ce qui change, c’est la masse, à cause de l’eau qui « remplit le bois » : mais le bois humide ne prend pas plus de place que le bois sec. Ce sont des données élémentaires que vous pourrez retrouver en partie, mais avec bien d’autres encore, dans la web conférence dont l’enregistrement a été mis en ligne sur notre site (www.territoires-energethiques.fr) : « De quel bois je me chauffe ».

  2. duyck
    duyck dit :

    merci souhaite faire autoconstruire un poele de masse la dalle est déjà renforce et une arrivee air déjà effective 0609046121

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