Pourquoi peut-on changer de comportement en vacances ou au bureau ?

Beaucoup d’entre nous se posent la question : pourquoi certaines personnes changent de comportement lorsqu’elles sont en vacances ? Ou au bureau ? Pourquoi se permettent-elles soudain de jeter leurs déchets sur la plage, de ne pas laver leur vaisselle en la laissant dans l’évier de la cuisine partagée ? Pourquoi faisons-nous en collectivité ou dans des contextes différents ce que nous ne ferions jamais chez nous ?

La sociologie et la psychologie étudient le comportement humain et apportent des réponses intéressantes à ces questions.

  1. Si la valeur qui fonde le comportement n’est pas basée sur la protection de l’environnement

Chaque personne a un ensemble de valeurs qui lui sont propres : le confort, la famille, la sécurité… Il est tout à fait possible d’avoir un comportement qui semble fondé sur la protection de l’environnement mais qui réponde à des valeurs tout à fait différentes.

Ainsi, le fait de ne pas jeter ses déchets par terre semble répondre à la valeur ‘protection de l’environnement’ mais peut aussi être le fruit de la valeur ‘propreté’. Une personne qui ne jette pas ses déchets par terre pour conserver son environnement propre pourra changer de comportement si elle considère qu’elle n’a pas à se soucier de la propreté d’un environnement dans lequel elle va habiter temporairement (vacances) ou qui ne gêne pas son confort (bord de route).

 

  1. La pression du conformisme social

Lorsque nous sommes dans notre environnement de travail, nous ne respectons plus nécessairement nos propres valeurs mais les valeurs du monde professionnel dans lequel nous sommes immergés et auquel nous nous identifions.

Il est certainement plus facile d’avoir des comportements plus vertueux chez soi qu’au travail. Dans le cas où l’environnement de travail ne promeut pas les comportements sobres en énergie (déplacements en transports en commun, à vélo, tri des déchets, extinction des lumières, contrôle de la climatisation, etc.), cela signifie que c’est à l’employé de se positionner en demandant l’adoption de tels comportements ou la mise en place d’infrastructures (parking vélo, douches, poubelles de tri…)

Or il peut être difficile de se sentir perçu (et parfois stigmatisé) ‘M. ou Mme Environnement’. Les petits groupes sociaux génèrent un très grand conformisme social. Cela signifie qu’il est très difficile de se démarquer d’un petit groupe car le jugement et la pression exercée par le groupe sur l’individu sont souvent suffisamment forts pour contraindre l’individu à ne pas changer son comportement ou demander des changements qui seront perçus négativement par le groupe.

  1. La chose publique appartient à l’entité de l’Etat au lieu d’appartenir à chaque citoyen – ma responsabilité est externalisée

Pour se sentir responsable, il faut avoir été clairement identifié comme responsable de quelque chose par quelqu’un ou alors avoir développé et intériorisé le sentiment d’être responsable et de s’imposer à soi-même ladite responsabilité.

Or la chose publique, la res publica, appartient à tout le monde sans que des responsabilités particulières soient décrétées envers une personne en particulier. La responsabilité revient à l’autorité de l’Etat, c’est-à-dire à la mairie, sans que la personne responsable à la mairie soit une personne connue et identifiée par tous.

Ainsi, jeter un papier par terre ne pose plus de problèmes car la responsabilité de le ramasser revient à ‘tout le monde’ mais ‘tout le monde’ ne désignant personne, cette responsabilité revient à… personne (ou à une personne inconnue et non identifiée).

  1. Le passager clandestin : je ne prends pas le risque et la responsabilité qui peuvent être assurés par un autre

Cette théorie veut que nous ne fournissions pas un effort s’il peut être fourni par quelqu’un d’autre à notre place. Certaines personnes vont payer pour regarder des films, d’autres les téléchargent gratuitement (et donc illégalement). Certaines personnes vont payer leur ticket de métro et d’autres vont profiter de la porte ouverte pour s’y engouffrer (illégalement) et ne pas payer.

Vous avez certainement déjà croisé des personnes qui jetaient papiers, chewing-gum, bouteilles, etc. par terre et j’imagine que vous ne leur avez rien dit. Premièrement, parce que cela créerait une situation de conflit direct, et gênante, que vous êtes en droit de ne pas vouloir ou pouvoir assumer.

Deuxièmement parce que ce n’est pas votre rôle. Personne ne vous a assigné la responsabilité de veiller à la propreté de l’environnement, vous n’êtes pas publiquement reconnus et identifiés pour assurer la propreté de la ville. Vous n’allez pas prendre de risques ou porter des responsabilités alors qu’il existe des personnes chargées de ramasser les déchets.

 

  1. La présence des équipements nécessaires

Les comportements sont ancrés dans des possibilités matérielles, dans des infrastructures.

Par exemple, comment faire pour trier ses déchets en vacances s’il n’y a pas de poubelles de tri ? Si on ne sait pas où sont les containers du verre ou du papier ? Comment faire pour se déplacer à vélo s’il n’y a pas de piste cyclable ? Ou si on n’a pas pu emmener son vélo en vacances ? Ou si on n’a pas pu louer de vélo sur place ? Ou si on a des enfants mais qu’on n’a pas pu emmener ou louer de siège enfant pour le vélo ?

L’un des premiers obstacles au maintien des éco-comportements dans de nouveaux lieux est souvent dû une infrastructure mal adaptée à leur mise en place.

Crédit photo: ALEC 27
12 juillet 2018
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