Une mobilité durable est-elle possible en milieu rural et périurbain ?

Depuis un siècle, nos sociétés se sont construites avec l’automobile, qui a permis à tout un chacun de se déplacer plus loin et plus vite au quotidien. Leur utilisation massive a rendu possible l’édification des pavillons de plus en plus loin des centres bourgs, menant à un éparpillement des habitants sur le territoire. Si l’automobile a été un vecteur majeur de développement local et d’opportunités de tout un chacun, son déploiement entraine une forme de dépendance : dans certains territoires, et notamment ruraux, on ne peut rien faire sans voiture. En effet, la desserte en transports en commun est impossible ou trop coûteuse à mettre en place, et marcher ou faire du vélo est parfois considéré comme trop dangereux.

Dans le département de l’Eure en 2014, seuls 12 % des ménages ne possédaient pas de voiture, quand 45 % possédaient un véhicule et 43 % en possédaient même deux ou plus. La même année, plus de 80 % des actifs de plus de 15 ans utilisaient une voiture ou une fourgonnette pour se rendre au travail, et seulement 6 % utilisaient des transports en commun, selon l’INSEE. Il existe un enjeu social important lié à la dépendance automobile, car ceux qui n’ont pas le permis, ou pas de véhicule, rencontrent des difficultés importantes pour trouver un travail et s’insérer dans la société. Aussi, pour certains ménages, le coût de possession et de fonctionnement d’une voiture est très élevé, et peut les mener à une situation de précarité énergétique.

Le secteur des transports est responsable de près du tiers des émissions de gaz à effet de serre en France, contribuant largement au dérèglement climatique. Et ce sont bien les véhicules particuliers, et non les poids lourds ou les avions, qui participent pour moitié à ces émissions de gaz à effet de serre liées aux transports. Un autre enjeu important lié à la circulation automobile est celui de la pollution de l’air, qui coûterait plus de 110 milliards d’euros par an à la France si l’on prend en compte ses conséquences en termes de santé, de perte de biodiversité ou encore de baisse de rendements agricoles, selon un rapport du Sénat. Les véhicules ont aussi un impact sur l’environnement, si l’on considère le bruit, l’effet sur la biodiversité ou les terres artificialisées pour le stationnement et les routes.

Face à ce constat, des solutions alternatives peuvent être mises en place dans les territoires ruraux pour diminuer et changer l’utilisation de la voiture. La mobilité durable recouvre toute une palette de solutions : développer le vélo, la marche à pied ou les transports en commun, mieux partager les voitures, utiliser des motorisations propres, limiter l’étalement urbain, diffuser l’information sur les alternatives qui existent dans le territoire, ou encore faciliter le télétravail ou les téléservices pour réduire les déplacements.

Un atelier organisé par l’ALEC 27 au siège de la Communauté de Communes Eure Madrie Seine à Aubevoye avait pour objectif d’échanger sur des expériences qui permettent d’aller vers une mobilité plus durable dans nos territoires ruraux et périurbains. Quelles sont-elles ? Les solutions évoquées allaient dans le sens d’un meilleur partage des véhicules qui circulent, via le covoiturage ou l’autopartage, et de l’utilisation de véhicules électriques.

Les intervenants de l’atelier ont présenté leurs retours d’expérience (chacune des présentations fera l’objet d’un article à venir) :

Le dispositif d’autostop de proximité Rézo Pouce mis en place dans plusieurs territoires ruraux de France.

L’infrastructure de bornes de recharge pour véhicules électriques du SIEGE 27, dont le déploiement est terminé.

Les solutions d’autopartage de véhicules électriques de Clem’, qui fonctionnent aussi dans des bourgs ruraux.

Les participants de l’atelier ont questionné les intervenants sur les modalités concrètes d’utilisation et de déploiement de ces différents systèmes. Pour chacune de ces expériences, ont été discutés les freins techniques et psychologiques qui pourraient empêcher les habitants des territoires à les utiliser. Comme pour tout nouveau système de mobilité, il faut diffuser l’information, faire essayer le dispositif et animer son déploiement pour qu’il soit utilisé. Chacune de ces solutions (autopartage de véhicules électriques, covoiturage, utilisation de véhicules électriques) permettent d’aller vers une mobilité plus durable dans les territoires ruraux et périurbains en favorisant une autre utilisation de l’automobile.

Retrouvez d’autres expériences de mobilité durable en Normandie et ailleurs dans la brochure  » Mobilité durable : agir dans les territoires » publiée par l’Agence Régionale de l’Environnement de Normandie.

 

 

2 juillet 2018
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