Atelier “s’impliquer dans les stratégies territoriales”

Lors de notre assemblée générale, l’équipe de l’ALEC 27 a proposé un atelier de discussion dédié à l’implication dans les stratégies territoriales. Comment, en tant que citoyen ou collectif, est-il possible de prendre part aux décisions de politiques publiques qui ont à voir avec les sujets climat, énergie et environnement ?

Une stratégie territoriale est une politique publique, un projet territorial, un document d’orientation qui va planifier un changement ou une action publique dans un territoire donné. Certaines de ces stratégies sont obligatoires (comme le Plan Climat Air Energie, dit PCAET), d’autres viennent d’une volonté politique. Des communes aux régions, les territoires peuvent faire beaucoup pour le climat et la transition écologique. Si les élus ont une légitimité pour mettre en place ces politiques, les citoyens peuvent rester attentifs et porter également leurs idées tout au long des mandats et particulièrement pendant les temps de construction de projets concrets. Quelles relations existent actuellement entre les associations locales et les collectivités locales ? Quels outils peuvent être utilisés pour s’impliquer dans une stratégie territoriale ? Quels freins existent ?

L’atelier a commencé par un tour de présentation de la vingtaine de participants présents. Nous avons ensuite écouté le témoignage de deux associations de l’Eure qui ont déjà une expérience de l’échange avec les collectivités locales.

Le CCTES 27 (Collectif Citoyen pour la Transition Ecologique et Citoyenne) est une association basée sur le territoire de la Communauté d’Agglomération Seine-Eure. Ils échangent avec la communauté d’agglomération, en fonction de la volonté (ou non) des commissions et des sujets. Ils portent des thématiques et des revendications; par exemple, ils ont obtenu le fait qu’on évoque la « neutralité carbone » (c’est-à-dire le fait que le territoire n’émette plus de CO2 ou compense totalement ce qu’il émet) dans les documents du territoire. Toutefois, le collectif met en avant le fait que certaines portes soient fermées, sur certains sujets.

Alternatiba Evreux est une association qui œuvre sur de nombreuses thématiques liées à la transition énergétique et écologique. Ils ont mis en place différents outils pour agir sur le territoire, comme des groupes de travail; ils sont pro-actifs en allant au-devant des élus locaux, et font un travail de plaidoyer, de pétitions ou vont rencontrer les élus afin de remettre les citoyens au cœur de l’action. Ils relaient aussi la campagne « Alternatives Territoriales » portée par Alternatiba, ANV-Cop 21 et le Réseau Action Climat et qui vise à pousser les citoyens à interpeller leurs élus sur les thématiques énergie et climat.

Dans la discussion, plusieurs outils, objectifs et freins sont ressortis :

Outils et moyens d’action

  • Agir sur les communes (et pas seulement les communautés de communes) car elles sont un premier niveau, plus accessible
  • Passer par les associations de quartier pour diffuser l’information sur une concertation
  • Faire du « lobbying citoyen » : rencontrer les élus, être présent, faire des propositions
  • Faire connaitre les enjeux aux citoyens : un des enjeux est la connaissance de la thématique, du fonctionnement des collectivités, de la mise en place d’une politique publique spécifique, etc. Il faut par exemple faire un travail pour expliquer de façon pédagogique le fonctionnement des documents stratégiques et leur utilité (comme le Plan Climat Air Energie Territorial)
  • Les habitants ont un savoir d’usage qui peut être pris en compte et que les élus cherchent à écouter
  • Former les citoyens sur les thématiques énergie et climat
  • Aller au contact des techniciens des collectivités
  • Aller faire du plaidoyer, rencontrer les élus et même s’inviter à des réunions
  • Aller sur cada.fr pour faire une demande d’accès aux documents administratifs

Résultats attendus

  • Booster les élus
  • Mettre des thématiques sur la table
  • S’opposer à un projet
  • Améliorer un projet par un savoir d’usage
  • être plus ambitieux sur un projet

Freins

  • Certains élus refusent le débat, des lieux de parole pas toujours ouverts
  • De nombreuses thématiques à maitriser (agriculture, eau, énergie, etc.) et un décalage avec le savoir technique des agents
  • Demande du temps et de la motivation, demande un degré d’investissement, alors que certains citoyens ne se sentent pas légitimes
  • Il faut une connaissance légale ou technique sur certains sujets, qui est difficile à maitriser

Il ressort de la discussion, où étaient présents associations et élus, que les temps ouverts par les collectivités sont souvent décevants en termes de fréquentation (même si des idées intéressantes en ressortent) . D’un autre côté, les participants demandent à être écoutés par les collectivités locales et disent manquer d’information sur les temps de concertation. Les participants se sont questionnés sur les outils pour informer et aussi sur les modalités à mettre en œuvre pour que la concertation soit faite en amont d’un projet, et non à la toute fin, quand il est trop tard pour changer les choses.

Les membres d’associations ont exprimé leurs difficultés à être écoutés sur certains sujets et ont proposé qu’une personne puisse être dédiée aux relations avec les citoyens et les associations dans les territoires. L’implication dans les stratégies territoriales passera notamment par un dialogue plus fluide et plus continu, avec une ouverture et une communication plus large des collectivités, et une diffusion de la connaissance (technique, etc.) et des outils d’actions par les associations locales.

15 juillet 2019
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