Poêle ou insert – Les critères de choix économiques et écologiques (1/2)

Vous êtes de plus en plus nombreux à choisir le chauffage au bois pour compenser les déperditions de votre logement. Aujourd’hui, plus de 7 millions de logements utilisent le bois comme mode de chauffage principal ou d’appoint en France, soit environ 1 logement sur 4 (source ADEME).

On entend par chauffage au bois l’utilisation d’un système de chauffage central (chaudière) ou indépendant (poêle, insert), fonctionnant avec différents combustibles possibles (bûches, granulés, plaquettes, bûches compressées/reconstituées).

Dans cet article, nous nous intéresserons plus particulièrement aux systèmes indépendants, à bûches ou granulés (poêles, inserts).

 

Le bois, un choix économique

Le bois n’a pas toujours connu un franc succès. Avec l’arrivée des combustibles fossiles pendant les Trente Glorieuses, il a petit à petit été délaissé car jugé contraignant, salissant, et peu intéressant financièrement face aux tarifs bon marché du gaz et du fioul notamment. L’autonomie des appareils n’était pas non plus très importante, ce qui rendait leur utilisation plus fastidieuse.

Un autre facteur explique son rejet à cette époque : son rendement. Celui-ci se définit comme le rapport entre l’énergie produite et l’énergie consommée. Votre logement peut avoir des besoins de 15 000 kWh mais consommer 20 000 kWh. Cette différence s’explique donc par le rendement de l’installation de chauffage (75% dans ce cas). Si aujourd’hui les poêles possèdent des rendements supérieurs à 80% pour la plupart, ce n’était pas le cas des appareils fabriqués avant les années 1990, qui avaient des rendements de l’ordre de 50% maximum.

Tous ces facteurs se sont en fait inversés depuis : hausse du cours du pétrole, stabilité du prix du bois, augmentation des rendements et de l’autonomie, développement du bois granulés… Le chauffage au bois apparaît aujourd’hui comme performant, moderne, écologique et meilleur marché face aux énergies fossiles. 

Arrêtons-nous sur le prix. Afin de comparer le coût de plusieurs sources d’énergie, il faut convertir les m3 de gaz, les litres de fioul, les stères de bois et les tonnes de granulés en kilowatt heure (kWh).

Pour produire 10 000 kWh (consommation annuelle d’un logement de 100 m² correctement isolé), il faut 926 m3 de gaz naturel, 1 000 litres de fioul, 6,5 stères de bois, et un peu plus de deux tonnes de granulés. Autrement dit, un stère de bois produit environ 1500 kWh d’énergie et une tonne de granulés produit 4700 kWh.

 Le coût de l’énergie (décembre 2014)

 
Les tarifs indiqués dans le graphique ci-dessus pour le bois bûche et le granulé constituent une moyenne de ceux pratiqués en Haute-Normandie. Les autres tarifs sont tirés de la base Pégase du Ministère du Développement Durable, abonnements compris.
 

Évolution du coût de l’énergie depuis 2002

 Source : Propellet

Ces deux graphiques nous montrent que le bois est une énergie dont le coût reste inférieur aujourd’hui à celui des énergies fossiles et fissiles (fioul, gaz, électricité) et dont l’évolution se fait de manière plus lente.

Cependant, il faut, si l’on veut rester objectif, nuancer ces propos car la hausse importante de la demande depuis plusieurs années entraîne des coûts un peu plus élevés pour le consommateur. Entre 2009 et 2013, le prix du granulé a augmenté de 22%, une hausse inférieure à celle des énergies fossiles à la même période (+ 31% pour le gaz naturel, + 58% pour le fioul).

Attention cependant, les tarifs constatés au niveau national ne correspondent pas tout à fait à la réalité haut-normande, où les tarifs sont plus élevés, notamment pour le granulé. La base Pégase nous donne les tarifs suivants (au niveau national) : 278€ la tonne en vrac, 296€ la tonne en sac (tarif septembre 2014). Localement, dans l’Eure, nous constatons plutôt les tarifs suivants : 320€ la tonne en vrac, 350€ la tonne en sac, soit une différence de 15%.

Reprenons l’exemple d’un logement de 100 m², avec une consommation correspondant à la moyenne nationale (180 kWh/m²/an en énergie finale), soit 18 000 kWh  et calculons la facture annuelle selon la source d’énergie utilisée :

Le montant de votre facture annuelle peut donc fortement varier (facteur de 1 à 3,5) selon la source d’énergie !

Ainsi, une solution bois granulés en remplacement ou en complément d’un chauffage gaz naturel ne sera pas aujourd’hui un bon choix économique, mais il pourra se justifier par d’autres critères (confort, émissions de CO2 en baisse, utilisation d’une source d’énergie renouvelable, etc…).

Le coût du projet (investissement)

Le coût d’investissement est également à prendre en considération dans un calcul de coût global. Nous reviendrons plus en détail sur ce point dans la seconde partie de l’article (à paraître prochainement).

Le bois, un choix écologique

Les idées reçues sont assez fréquentes sur le bois-énergie. Si le bois a encore aujourd’hui une image de combustible polluant, c’est que nous avons tendance à penser aux anciens poêles ou inserts, et aux cheminées ouvertes  qui sont encore très nombreux en France.

Choisir un appareil performant, et du bois sec !

Comme nous l’avons évoqué plus haut, l’amélioration du rendement des appareils a permis de réduire l’impact environnemental du chauffage au bois, avec une meilleure combustion et des rejets de poussières en nette diminution. Un bois de bonne qualité garantira également une faible émission de particules.

De plus, le bilan en terme de gaz à effet de serre du bois-énergie plaide en sa faveur. La combustion du bois dégage du CO2 (et de la vapeur d’eau), mais ce dégagement est compensé par la quantité de CO2 que l’arbre a pu absorber lors de sa croissance en forêt. On parle alors de bilan neutre en CO2. La figure suivante montre le net avantage des filières bois en terme de bilan effet de serre comparativement aux énergies classiques :

Source : ADEME – Bilan environnemental du chauffage domestique au bois

 

Comment réduire les émissions de polluants dans l’atmosphère ?

Avoir un appareil performant est un bon début, mais d’autres précautions doivent être prises :

  • Utilisez du bois sec contenant moins de 20% d’humidité. Un bois humide fournit environ deux fois moins d’énergie qu’un bois sec, dégage davantage de substances polluantes, dégrade le rendement de l’appareil et encrasse le conduit de fumées.
  • Ne brûlez pas de bois traité, souillé : palettes, meubles, bois de charpente… Les traitements qu’ils ont subi dégagent des substances toxiques et “nocives” pour l’appareil.
  • Ne faites pas fonctionner votre insert/poêle à allure réduite : vous dégraderez le rendement de l’appareil, et produirez beaucoup plus de particules toxiques. C’est notamment  pour cette raison qu’il ne faut pas surdimensionner un appareil de chauffage au bois afin qu’il puisse tourner la majeure partie du temps à sa puissance nominale 1. A l’inverse, ne chargez pas trop votre foyer, au risque de détériorer l’appareil (températures trop élevées).
  • Utilisez la technique d’allumage inversé : couramment, on commence par le petit bois, sur lequel on ajoute de plus grosses bûches. Cette méthode, même avec un bois sec, produit davantage de fumées que l’allumage inversé. Posez au fond du foyer de grosses bûches, puis d’autres de plus en plus petites au dessus. Les gaz résultant de l’allumage sont beaucoup mieux brûlés qu’avec la méthode dite classique.
  • Évitez les bûches de grandes dimensions (50 cm) qui ont un fort taux d’émissions polluantes, car peu approvisionnées en air. Préférez des bûches de 33, voire 25 cm, qui permettront également de mieux réguler votre combustion !
Lors de la seconde partie de cet article, vous retrouverez le mois prochain des conseils techniques sur le choix d’un appareil de chauffage au bois : dimensionnement des besoins, emplacement de l’appareil, autonomie, inertie, bûches ou granulés. 

Vous pouvez également, pour compléter votre lecture consulter la série d’articles consacrée au témoignage de M. BOUCHERIE, propriétaire d’une maison performante associée à un poêle de masse.

Poêle de masse : un système de chauffage peu connu (1/5)

Poêle de masse : naissance du projet (2/5)

 Poêle de masse : conception de la maison (3/5)

 Poêle de masse : mise en œuvre pratique (4/5)

Poêle de masse : retour sur les consommations (5/5)

Et aussi  la suite de cet article:

Poêle ou insert : critères de choix techniques (2/2)

 1. Puissance d’un poêle donnée par le fabricant selon les tests effectués pour le marquage CE dans des conditions normales d’utilisation. La puissance maximale peut atteindre 250% de la valeur nominale mais n’être obtenue que sur un temps très court.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter :

– l’avis de l’ADEME “Bois et qualité de l’air” ;
– le guide ADEME grand public “La qualité de l’air et le chauffage au bois” ;

les impacts du chauffage au bois sur la qualité de l’air intérieur et extérieur ;
– le site Airparif, qui étudie l’impact du chauffage au bois sur la pollution atmosphérique en Île-de-France.

 

Pour plus d’informations, contactez nos Conseillers Info-Energie.

 Crédit photos : ALEC 27
29 janvier 2015
3 Commentaires/par
3 réponses
  1. Edouard
    Edouard dit :

    Le poêle à bois à un clair avantage, le prix. J’ai fait installé mon poêle à bois à Libourne par un professionnel, depuis qu’il est installé, ma facture à diminuée de moitié par rapport aux années précédentes.
    En plus un poêle à bois dans son salon ça fait classe quand même.

  2. Fred
    Fred dit :

    Suite à la lecture de votre article je me demandais si j’allais choisir une cheminée traductionnelle ou un pôele mais apparemment les buches ont un cout moindre et ils font des cheminées sympas et design maintenant ! Je vais profiter de l’été pour me faire installer ma cheminée du coup, le conduit est déjà prévue mais je n’ai pas encore sauté le pas. Je pense que je vais aller chez un cheministe près d’albi vous pensez que l’été le prix de l’installation est moins cher que l’hiver ou ça ne change rien ?

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