Circuits courts et économie locale

Depuis quelques années, face à la demande croissante d’une alimentation propre, saine et juste, on assiste à un essor des circuits courts alimentaires. Ce retour du « bien manger » prend plusieurs formes : développement des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP), ventes à la ferme, magasins mutualisés de producteurs, marchés fermiers…

Mais la demande ne se limite pas aux particuliers consommateurs. Sur les traces de Grenoble, Rennes, Saint-Etienne ou encore Grande-Synthe  (cf article de mars 2016), de plus en plus de collectivités s’engagent à réintroduire les produits locaux dans la restauration collective et modifient leurs commandes et marchés publics de sorte à favoriser les producteurs locaux et l’agriculture biologique.

Des filières formations et des emplois locaux à la clé

La structuration des filières courtes alimentaires permet également de favoriser la création de formations adaptées et le maintien d’emplois locaux et non délocalisables (cf. cette étude menée par l’AREFA en Languedoc-Roussillon en 2009).  Elle nécessite également la multiplication des compétences au sein d’une exploitation afin d’assurer toutes les fonctions, de la production en plein champs jusqu’à la vente des produits (confection des paniers, distribution, informatique, communication…). Des compétences qui peuvent parfois être mutualisées entre plusieurs petites exploitations afin de leur permettre de créer un ou plusieurs postes.

Une réglementation qui évolue doucement mais surement

Bien que cette démarche relève parfois du parcours du combattant, la règlementation évolue positivement. Le 14 janvier 2016, l’Assemblée Nationale a adopté à l’unanimité une Loi « Ancrage territorial de l’alimentation » fixant les objectifs suivants à atteindre d’ici 2020 :

  • 20% de produits Bio dans la restauration collective
  • 40% de produits locaux et de saison dans la restauration collective publique

Une Loi qui répond parfaitement aux attentes des français puisque 87% des parents d’élèves se déclarent favorables à l’introduction du Bio dans les cantines scolaires, selon un sondage de l’Agence Bio. Pourtant, le 10 mars dernier, le Sénat retoquait ce projet de Loi, afin de rendre « facultatif » l’objectif de 20% de produits Bio, et non obligatoire…

Une indigestion pour le climat

Selon une récente étude menée par le Réseau Action Climat – France, si l’on prend en compte toute la filière alimentaire, du champ à la fourchette, les activités agricoles et alimentaires françaises représentent 36% des émissions de GES françaises, c’est à dire plus que le secteur des bâtiments ou des transports non alimentaires.

L’importation de produits utilisés pour la production agricole française, et en particulier les aliments pour les animaux et les engrais azotés (fortement importés d’Amérique latine) sont en grande partie responsable du poids « carbone » du secteur alimentaire. Les déplacements « domicile-commerce », la chaine du froid, la fabrication des emballages et la gestion des déchets peuvent également être incriminés (voir étude de l’IFEN réalisée en 2006).

Enfin, rappelons que nous consommons trop souvent des produits transformés, conservés chimiquement et emballés, importés des 4 coins de la planète : en 2007, la France a importé 57 millions de tonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre liées aux produits agricoles et alimentaires (hors produits azotés et machines agricoles).

Des communes engagées dans l’Eure

Soucieuses de protéger l’environnement, de préserver la santé de leurs habitants et de stimuler l’économie locale, un nombre croissant de collectivités agissent en faveur du retour d’une alimentation biologique, de proximité et de saison dans les assiettes des scolaires, des enfants en crèches et des retraités.

Cependant, la règlementation et les contraintes administratives ne facilitent pas toujours cette démarche. Le retour d’une alimentation propre, saine et juste nécessite des convictions mais également un minimum de méthode, consistant à dresser un état des lieux de la restauration actuelle, à définir les objectifs de son projet et à introduire de nouveaux critères dans ses commandes et marchés publics. Il est également nécessaire de faire un inventaire des produits disponibles sur son territoire, de fixer des prix équitables avec les producteurs et de former les équipes pour qu’ils puissent préparer les repas sur place.

Des témoignages locaux

A l’occasion d’un Atelier technique organisé par l’ALEC 27, en partenariat avec les Défis Ruraux, trois collectivités de l’Eure sont venues partager les raisons de leur démarche, les difficultés rencontrées et les résultats obtenus. Les Défis Ruraux ont conclu cet atelier par une série de conseils visant à guider et accompagner les élus souhaitant, à leur tour, favoriser le retour de la carotte Bio, de la Pomme Normande et de la limande de la Manche dans les assiettes de nos bambins.

Bravo pour leur engagement et merci pour leur témoignage !

  • Marie ATINAULT, Chargée de mission à l’ALEC 27, rappelant le véritable impact de notre alimentation sur le climat et sur l’économie locale ; Pdf
  • Olivier LE BARS, Directeur de la restauration à la Régie de la CASE «Les 2 Airelles», où les produits Bio et locaux ont trouvé leur place depuis 2014 ; Pdf
  • Arnaud LEVITRE, Maire d’Alizay, dont le retour d’une restauration saine, locale et conviviale est une priorité pour 2016 ;
  • Alain DAJON, Conseiller municipal et Philippe MAGNOUAC, Directeur de la restauration aux Andelys, où l’on est très attentif à la proximité et à la saisonnalité des repas des jeunes enfants scolarisés et des personnes âgées ;
  • Stéphanie HEUZE, Chargée de mission repas durables aux Défis Ruraux, qui accompagne et conseille les collectivités dans cette démarche ; Pdf
Crédit photo : ALEC27 / Annie Jacques
31 mars 2016
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