Clem’, une solution d’autopartage en zones peu denses

L’entreprise Clem’, opérateur d’électromobilité dans des territoires principalement ruraux et périurbains, est venue nous présenter des retours d’expérience d’autopartage lors de l’atelier « mobilité durable » de l’ALEC 27. L’entreprise a été créée en 2010 et compte aujourd’hui 31 salariés. Elle propose une solution d’autopartage pour les collectivités locales, mais aussi les entreprises ou les acteurs de l’habitat social.

Quel est le principe de l’autopartage ? Il s’agit d’un véhicule dont les utilisateurs n’en sont pas les propriétaires, et qui peuvent l’utiliser successivement en fonction de leurs besoins. L’autopartage en boucle est la forme la plus classique, il s’agit de rendre le véhicule à la même station où on l’a emprunté, tandis que l’autopartage en « free-floating » permet de retourner le véhicule où l’on souhaite (à une autre borne du système ou dans un territoire donné). Il existe aussi des plateformes internet qui proposent un autopartage entre particuliers, si l’on souhaite louer ou emprunter un véhicule non utilisé le temps d’un week-end par exemple.

La solution déployée dans plusieurs collectivités françaises par Clem’ consiste à mettre en place une station d’autopartage équipée d’une boite à clef que l’on ouvre grâce à code, qui a été communiqué à l’utilisateur lors de sa réservation. Le système se veut accessible à tous : il suffit de s’inscrire (vérification du permis et paiement d’une caution) en ligne ou dans un lieu physique puis d’aller sur internet pour réserver un véhicule. Les voitures appartiennent soit à l’entreprise Clem’, soit à la collectivité ou à une entreprise. En fonction des territoires, plusieurs types de véhicules peuvent être déployés : la majorité sont des véhicules électriques, mais il y a aussi des véhicules thermiques, des voitures sans permis ou encore des vélos électriques. Plusieurs services complémentaires peuvent être associés à l’autopartage : des bornes de recharge, une optimisation de la flotte de véhicule ou encore une plateforme de partage de trajets.

Plusieurs retours d’expériences nous ont été présentés. Dans le Pays du Mans, le système Move’n Go est une plateforme d’autopartage de véhicules entre la commune et les habitants. Les communes achètent chacune deux véhicules électriques, que les agents peuvent réserver pour leurs déplacements professionnels, tout comme les particuliers. Cela permet d’optimiser l’utilisation de la flotte communale qui sert parfois très peu la journée, et pas du tout le soir et le weekend. Les retours d’expériences sont positifs car les véhicules sont dorénavant très utilisés. Le territoire expérimentera bientôt solidrive, un service de demande de trajet par une personne n’ayant pas la possibilité de conduire à laquelle un bénévole pourra répondre en empruntant un véhicule en autopartage.

Dans la commune de Tinchebray-Bocage, dans l’Orne, un système d’autopartage a été crée dès 2011. Après la suppression d’une ligne de bus, le maire cherchait une solution efficace pour proposer une solution de mobilité pour les habitants de cette commune de 5000 habitants. Le service Autofree permet aux habitants de louer un véhicule électrique pour 5€ la demi-journée ou 8€ la journée après l’inscription sur une plateforme web ou via la médiathèque de la commune. Ainsi, certaines personnes qui ne possèdent pas d’automobile, ou même en cas de panne d’un véhicule, peuvent se déplacer de façon peu onéreuse, tout cela sans avoir à prendre en charge l’achat ou la maintenance d’un véhicule.

A la suite de cette expérience, le Conseil Départemental de l’Orne a mis en place le service « Autofree 61 » en autopartageant des véhicules de la flotte de la collectivité. Ce sont des véhicules thermiques et électriques, qui ne servaient pas beaucoup, et qui peuvent être utilisés par les particuliers quand ils le souhaitent. A ce jour, 14 véhicules peuvent être empruntés à Alençon à l’hôtel du département.

L’autopartage est une autre façon d’utiliser les voitures et peut permettre à certains ménages de se séparer d’un véhicule qui ne sert qu’occasionnellement, ainsi qu’inclure dans la mobilité des jeunes ou familles qui n’ont pas les moyens de posséder une voiture. Il permet aussi de s’initier à la conduite de véhicules électriques et donc de progresser vers une mobilité plus durable. Les retours d’expériences prouvent que l’autopartage n’est pas réservé qu’aux centres urbains, mais trouve une pertinence dans des bourgs ruraux.

14 novembre 2018
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