Collectivités : Comment réduire sa facture en éclairage public.

L’éclairage public représente aujourd’hui une dépense non négligeable pour les collectivités. Diminuer la consommation d’énergie dans ce secteur a un impact économique immédiat (diminution ou absorption de l’augmentation de la facture).

L’analyse de l’état des lieux des installations fait apparaître d’importants besoins de rénovation. Selon l’ADEME, plus de la moitié du parc est composée de matériels obsolètes et énergivores : boules diffusantes, lampes à vapeur de mercure et 40% des luminaires en service ont plus de 25 ans.

Une collectivité a tout intérêt à revoir sa consommation dans ce secteur pour plusieurs raisons :


Aspect économique :

Avec 5,6 TWh  de consommation à l’échelle nationale, l’éclairage public est le deuxième poste de consommation d’une commune (derrière les bâtiments). Il est également le premier poste de consommation d’électricité de la collectivité.

L’éclairage public en France représente 0,5 milliard d’euros. 47% de la consommation d’électricité (18% de la consommation totale) d’une commune est liée à l’éclairage public ce qui représente 37% de la dépense en électricité (20,5% des dépenses d’énergie).

Aspect environnemental :

La réduction de consommation va générer une réduction immédiate des gaz à effet de serre. Suivant les  chiffres de l’ADEME, les émissions de CO2 pour l’éclairage sont en moyenne de 100 g/kWh, ce qui représente à l’échelle nationale environ 100 000 Tonnes de CO2.

La pollution lumineuse engendrée par un éclairage non optimisé ou peu performant a un impact direct sur la biodiversité (mammifères, invertébrés, oiseaux, etc…) et peut occasionner des troubles pour les habitants (lumière intrusive, éblouissement).

Aspect social :

La sécurité des personnes et des biens reste la première des priorités. Elle s’accompagne de la recherche d’une qualité de vie que les ambiances lumineuses peuvent procurer. Il est ainsi primordial de répondre aux besoins des différents usagers (automobilistes, piétons, habitants) tout en optimisant les consommations et l’efficacité énergétique.

L’expérience de plusieurs communes ayant choisi l’extinction nocturne et le témoignage des services d’ordre montrent que l’éclairage public n’augmente pas le risque d’accidents et le nombre de délits (90% des délits et actes criminels se passent en plein jour).

Afin de définir et d’ordonner les besoins en éclairage, il est impératif de réaliser un diagnostic. Le Conseil en énergie partagé ou un syndicat d’électrification seront les interlocuteurs privilégiés pour déterminer les actions à entreprendre:

Eclairer juste :

  • Eclairer au bon endroit (les routes à grande circulation, les jardins et portes d’entrée des logements sont à éviter).
  • Favoriser les plots réfléchissants et signalisation passive (réflecteurs, catadioptres).
  • Choisir des luminaires évitant la dispersion inutile de la lumière (lampadaires boules à supprimer !!)
  • Eclairer au bon moment (mise en place d’horloges astronomiques, éteindre en période d’inactivité,…)
  • Optimiser le niveau d’éclairement (hauteur du mât, puissance  et efficacité énergétique de la lampe)
  • Choisir du matériel performant (indice de protection étanchéité IP 65).

Entretenir :

  • Etablir un Contrat de maintenance, gage d’économie sur le long terme.

Connaitre le cadre juridique

  • Les communes doivent limiter les impacts liés à l’EP et éviter le gaspillage énergétique (article 41 de la loi grenelle 1; CAA Bordeaux arrêt du 10 juin 2008 (troubles irréversibles))
  • Le maire a un pouvoir discrétionnaire sur l’éclairage public (il choisit d’éclairer ou non) jurisprudence : CAA Nancy arrêt du 7 mars 1996 )
  • Toute modification de l’EP doit faire l’objet d’un affichage (article L2131-2 du CGCT)
  • Le maire doit entretenir l’éclairage au titre des accessoires de voirie (jurisprudence : CAA Marseille, arrêt du 27 juin 2005)
  • Une commune n’est pas obligée de respecter la norme EN 13201
  • Décret à paraître d’interdiction de l’éclairage nocturne des vitrines et bureaux

Pour en savoir plus :

ð  ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) www.ademe.fr

ð  AFE (association française de l’éclairage) www.afe-eclairage.com.fr

ð  Syndicat de l’éclairage www.syndicat-eclairage.com

ð  ANPCEN (association nationale pour la protection du Ciel et de l’Environnement nocturne), association qui organise notamment le concours villes et villages étoilés récompensant les collectivités réalisant le plus d’effort en terme de pollution lumineuse. www.anpcen.fr

17 janvier 2013
5 Commentaires/par
5 réponses
  1. BOULANGER
    BOULANGER dit :

    Vous êtes bien en avance par rapport au SDE 76 qui a longtemps protégé les présidents parasites des syndicats primaires.
    Vous pourriez peut-être avec l’aide de l’ADEME leur faire prendre conscience de l’intérêt de changer de manières de travailler en envisageant plus d’économies (pollutions, financières-marchés publics-)

    • David TOUZEE - Conseiller en Energie Partagé
      David TOUZEE - Conseiller en Energie Partagé dit :

      En tant qu’agence locale de l’énergie, nous n’avons pas directement de poids sur la politique engagée par les syndicat d’électrification (le SIEGE dans l’Eure).
      Mais nos actions envers notamment les collectivités de l’Eure ont pour objectif d’amener les élus à agir concrètement vers une transition énergétique. (production délocalisée, maîtrise de l’énergie, relocalisation de l’économie et de l’emploi,…). Une fois cette transition engagée, les missions des syndicats seront certainement très différentes et étendues à d’autres énergies que l’électricité et le gaz.On peut déjà l’observer dans d’autres régions où certains syndicats s’engagent auprès des communes pour investir dans des projets énergie renouvelable et de maîtrise de l’énergie.

  2. Maxime
    Maxime dit :

    Bonjour,
    En quoi faudrait il éviter d’éclairer les routes à forte circulation ?
    Pourquoi devoir aussi éviter d’éclairer les jardins et portes de logement ?

    Merci d’avance pour votre réponse,

    Maxime

    • David TOUZEE - Conseiller en Energie Partagé
      David TOUZEE - Conseiller en Energie Partagé dit :

      Bonjour, suite à votre commentaire voici quelques précisions:

      En évoquant L’éclairage des routes à forte circulation, nous parlons des routes départementales ou nationales hors des zones habitées. Il est démontré qu’avec des éclairages artificiels (étude belge, pays dont les autoroutes sont éclairés) les conducteurs roulent plus vites et la sécurité routière n’est pas améliorée. De plus des dispositif réfléchissants les phares des voitures peuvent remplacer un éclairage public, comme on peut le voir régulièrement maintenant au niveau des carrefours ou ronds points.

      En évoquant d’éviter d’éclairer les jardins, nous aurions pu préciser plus généralement les espaces naturels afin de respecter le cycle naturel de la faune et la flore, parfois fragile, qui a besoin de nuit noire.

      Pour l’entrée des logements, un éclairage trop proche des habitations est nuisible pour les habitants eux-même. En plein été par exemple, la gêne occasionnée par l’éclairage artificiel oblige les habitant à fermer les volets alors qui serait nécessaire de ventiler le logement toute la nuit pour le rafraichir.

      J’espère avoir répondu à vos interrogations

      David Touzée

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  1. […] Il y a 9 millions de points lumineux dans notre pays (lien) ce qui correspond à 47% de la consommation d’électricité, soit 10 réacteurs nucléaires. lien […]

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