De l’eau douce sous les océans : une opportunité ?

Les chercheurs australiens Vincent E.A. Post, Jacobus Groen, Henk Kooi, Mark Person, Shemin Ge & W. Mike Edmunds ont publié dans la revue Nature n°504 du 05 décembre 2013 une étude (Offshore fresh groundwater reserves as a global phenomenon) qui met en évidence la présence d’eau à faible salinité sous les océans.

Ce phénomène était déjà connu. Il s’explique par l’infiltration d’eau de pluie sous la terre il y a des milliers d’années, avant que la calotte glaciaire ne fonde et que l’océan immerge ces terres. La nouveauté de l’article réside donc dans la mise en exergue de l’importance de ces réserves d’eau. Les auteurs de l’article estiment en effet que cette eau à faible salinité, une fois dessalée, pourra alimenter plusieurs régions du monde durant des décennies.
L’intérêt porté à cette découverte fait écho à l’explosion démographique de ce dernier siècle et du besoin croissant en énergie et en eau de l’humanité.

LES DEFIS ENERGETIQUES POSES PAR LA DESALINISATION MASSIVE D’EAU A FAIBLE SALINITE

Rappelons tout d’abord que l’eau douce potable accessible à l’homme représente moins de 1 % de l’eau sur Terre. Les océans composent 97,5 % de la masse d’eau totale et les glaciers 1,75 % de l’eau douce disponible. En France, l’eau est principalement utilisée pour l’agriculture (irrigation), pour satisfaire nos besoins domestiques et pour l’industrie (production d’énergie comprise).
Ces réserves d’eau à très faible salinité ne résolvent pas le problème de l’équité d’accès à la ressource puisqu’il faudra désaliniser cette eau avant de pouvoir la consommer. Or le processus de désalinisation est particulièrement énergivore et coûteux. Le coût d’importation de cette eau sera nécessairement prohibitif pour des pays avec de faibles ressources financières, d’autant que ces poches d’eau à faible salinité se situent au large de côtes de pays développés : l’Afrique du sud, la Chine, l’Australie et l’Amérique du Nord. Le coût d’installations d’infrastructures de transport s’ajoutera donc au coût même de la désalinisation.

Il s’agit donc de ne pas rentrer dans un système où le serpent se mord la queue avec de l’utilisation d’énergie pour produire de l’eau alors même que l’eau est nécessaire à la production d’énergie. Par ailleurs, rappelons que ces réserves d’eau à faible salinité ne sont pas renouvelables et qu’une fois épuisées, les problèmes actuels de pollution des eaux resteront entiers.

Crédit photo : Nature magazine n°504 - Décembre 2013
28 janvier 2014
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