J'ai testé pour vous… la voiture électrique !

L’Agence Locale de l’Énergie et du Climat de l’Eure compte de nombreux adhérents, certains présents depuis la création de l’association !
Dorénavant certains d’entre eux rédigeront des articles sur des sujets liés à l’énergie et à la maîtrise de l’énergie.

Le premier à se lancer dans l’aventure de l’écriture est Pascal Séjourné, architecte de métier qui vous livre son ressenti sur la voiture électrique … 

voiture électriqueVoici les impressions du moment après bientôt une année que la voiture électrique ait remplacé la précédente au gas-oil pour mes déplacements professionnels quotidiens. Je suis architecte et mon activité aujourd’hui est plutôt tournée vers le secteur rural.Il est vrai que ce choix de véhicule résulte de convictions écologiques pré-existantes qui poussent fortement à rechercher plus d’indépendance à l’égard du pétrole. Constatant toutefois qu’il serait difficilement acceptable d’échapper au péril climatique pour tomber dans le péril nucléaire, j’ai donc choisi aussi un fournisseur d’électricité garantissant une origine exclusivement renouvelable pour tous ses contrats.

Pour le passage à l’acte, le “bonus écologique” offert par l’Etat a compté, mais je me souviens que le déclenchement de la décision s’est produit en refaisant le calcul du coût énergétique de la solution gas-oil et de la solution électrique. Il en résulta que pour un format de véhicule équivalent, la dépense en énergie est quatre à cinq fois inférieure avec la solution électrique. Cela est dû principalement à la supériorité du moteur électrique sur le moteur thermique en termes d’efficacité énergétique. Précisément, en fait, avec un moteur électrique, la consommation est de 14 kW/h pour 100 km.

Une borne de recharge fut installée devant l’atelier d’architecture quelques jours avant la livraison du véhicule. La transition s’est faite du jour au lendemain puisque le rachat de l’ancien véhicule a été intégré dans la transaction. Il est vrai qu’il y a eu un petit moment d’interrogation le jour du changement. L’autonomie sera-t-elle suffisante ? Ne vais-je pas manquer la moitié de mes rendez-vous ? Le réseau des bornes de recharge est-il satisfaisant ? Que se passe-t-il en cas de panne sèche ? Mais, dès la voiture en main, le conducteur tombe sous le charme de la simplicité et du silence.

voiture électrique 2C’est clair, par rapport au véhicule à essence, l’autonomie est divisée par cinq ou six et il faut anticiper les temps de recharge. Il faut se plier à une logique d’utilisation différente. Idéalement, l’attitude à adopter consisterait à brancher à chaque fois que l’on quitte le véhicule. Ce n’est pas vraiment une contrainte plus lourde que le passage à la station essence avec ses pistolets gras, son sol glissant et la queue à la caisse.

Compte-tenu de l’autonomie actuelle de la batterie et du réseau des bornes de recharge à ce jour, 60 km constitue déjà un éloignement significatif. Vous pouvez envisager de franchir 120 km si vous êtes certain de la borne que vous trouvez en arrivant. Pour les distances plus importantes, il faut envisager le train ou un autre véhicule. L’autonomie maximum, pour cette voiture et en adoptant une conduite économe, se situant entre 130 km en hiver et 150 km en été.

Il est satisfaisant de constater qu’en région Haute-Normandie, pratiquement chaque mois, une nouvelle borne est construite. A ce jour, les villes du Havre et de Rouen proposent un niveau de déploiement en cohérence avec le nombre de voitures en service avec un petit avantage au Havre qui propose en plus un nombre significatif de bornes rapides d’une puissance de 32 kW. Certains supermarchés ont fait l’effort aussi de s’équiper et permettent la recharge dans la limite des horaires d’ouverture.

La lecture du compteur m’indique que le kilométrage mensuel est plus important aujourd’hui qu’il ne l’était avec le véhicule précédent. Est-ce dû à une augmentation de l’activité ou bien à une réduction du sentiment de culpabilité à l’égard de l’environnement ?

Admettons que ces deux explications sont valables.

Crédit photos et texte : Pascal Séjourné

25 septembre 2014
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