Le dérèglement climatique en questions

La MJC d’Elbeuf a organisé les journées du développement durable à St-Pierre-lès-Elbeuf de jeudi à dimanche 7 juin 2015. Retour sur les questions et les réactions des participants aux expériences proposées par l’ALEC 27.

Dimanche, une trentaine de personnes se sont arrêtées pour échanger avec la Chargée de mission éducation à l’énergie et au climat. Les échanges ont été riches en questions après avoir participé aux expériences, dont voici quelques-unes :

« Mais quelles sont les conséquences de l’acidification des océans sur les hommes et notamment sur les marins ? Parce que les marins, quand ils partent pour 2 ou 3 mois, ils n’ont pas le temps de se laver… »

« Etes-vous sûre que ce soit l’acidification des océans qui joue et non pas l’action des marées et des vagues ? »

« Quelle est la différence entre la pollution et les gaz à effet de serre ? »

Les expériences proposées permettaient de couvrir les problématiques de l’acidification des océans, de la modification des courants marins et du réchauffement de la Terre par le réchauffement de l’atmosphère.

Essayons de répondre aux deux premières questions : la première expérience permettait en effet de comprendre le phénomène d’acidification des océans et ses conséquences pour la faune marine. Une craie, composée de calcaire, est plongée dans l’eau et une autre est plongée dans du vinaigre, acide.

La craie se dissout. Les coquillages et les roches calcaires seront donc dissous si l’acidification des océans se poursuit : en absorbant le CO2 émis par les hommes (pétrole brûlé), l’eau (H20) des océans se transforme en acide carbonique (H2CO3). Ce dernier n’est pas stable et se transforme d’une part en H30+ (acide, après réaction avec une autre molécule d’eau) et d’autre part en HCO3 (calcaire).

Le lien ci-dessous donne accès à un nombre important d’études portant sur l’acidification des océans :

http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/rapport-du-giec-2eme-volume-changement-climatique-et-oceans

A long terme, l’acide ronge en effet les peaux, mais tout comme le sel. Le problème n’est pas tant les marées et le ressac sur les rivages qui peuvent en effet casser les coquilles mais l’acidification qui empêche la formation du calcaire et donc des coquilles, des coraux et du squelette du plancton.

La deuxième expérience permettait de mesurer l’accumulation de la chaleur de deux milieux au cours de la journée. Un pot en verre est rempli d’eau et l’autre est rempli de terre. Un thermomètre à sonde est mis dans chacun des pots.

La terre est montée jusqu’à 38°C et l’eau jusqu’à 30°C (températures mesurées à 16 heures). Or le matin, l’eau n’était qu’à 19°C. Cela signifie qu’elle a transmis sa chaleur à l’air qui s’est refroidi durant la nuit. Le problème étant que la chaleur n’est plus totalement dissipée vers l’espace mais conservée en partie par l’atmosphère qui comprend de plus en plus de gaz à effet de serre, c’est-à-dire de gaz qui retiennent la chaleur. Et le problème du réchauffement, mesuré sur plusieurs décennies, de la Terre, est l’incapacité de certaines plantes et certains animaux à supporter des températures plus importantes que la normale, alors que l’homme a réussi à s’adapter à des milieux allant de -30°C à +50°C.

« Tout cela, on le sait parce que depuis une centaine d’années, nous avons des instruments de mesure. Mais je crois qu’on ne comprend pas tout, encore ».

En effet, il est difficile de comprendre comment les phénomènes se compensent et quelles sont l’ensemble des conséquences entrainées par TOUTES les activités humaines à l’échelle de la planète (déforestation, hydrocarbures brûlés, utilisation de pesticides, lessives, détergents, excavation de matières premières, etc.).

« Qu’est-ce qu’on peut faire, alors ? »

Ne pas se sentir découragé est la première réponse ! Tout le monde est responsable donc cela signifie que tout le monde peut agir, même si son voisin n’agit pas (je dirai d’autant plus si son voisin n’agit pas). Ci-dessous, les réponses et encore quelques questions des passants récoltés par la Chargée de mission éducation à l’énergie et au climat de l’ALEC 27 :

« En tout cas, il faudrait interdire aux gens de produire s’ils ne réfléchissent pas déjà à ce qui sera fait des déchets. Cela en calmerait plus d’un ».

« Je viens des Vosges et dans ma ville, il y a un système de navette qui avait été mis en place entre un parking à l’extérieur de la ville et le centre-ville. Toutes les 15 minutes, on savait qu’on allait avoir une navette et on n’avait plus à se préoccuper de trouver où se garer et du prix, parce que le parking était gratuit. Cela, c’est vraiment une bonne initiative. »

« Les écoles devraient faire plus de sensibilisation. On ne parle pas assez du climat. Nous, nous récupérons tout. Et nous faisons des expériences avec les enfants, nous leur montrons que c’est possible de vivre autrement. »

« Quand on regarde le temps que les ampoules basse consommation mettent à s’allumer… Et est-ce que les LED n’éblouissent pas trop ? »

« L’humanité, malheureusement, aime prendre et non pas donner. Le nerf de la guerre, ça reste quand même l’argent. »

 

Crédits photographiques : ALEC 27.

Article rédigé par Nolwenn LEOSTIC, Chargée de mission éducation à l’énergie et au climat. 

Pour plus d’informations, contactez la Mission Education à l’énergie et au climat.

8 juin 2015
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