Le photovoltaïque : ne tombez pas dans le panneau ! (2/2)

L’énergie solaire est non polluante, économique, facilement disponible, renouvelable et aisément transformable. Elle répond en outre à des enjeux écologiques plus globaux.

Décentralisée, accessible et modulable, l’électricité photovoltaïque peut donc être une option intéressante pour votre production personnelle. Mais pensez, avant toute installation, à réduire auparavant votre consommation d’électricité !

Grâce à des modules photovoltaïques robustes et fiables, vous pourrez produire l’électricité dont vous avez besoin ou la vendre.

Si votre maison se trouve dans un endroit isolé où vous n’êtes pas raccordé au réseau, la question ne se pose même pas ; optez pour le photovoltaïque ! Le système doit être dimensionné pour couvrir intégralement vos besoins. Le surplus d’électricité sera stocké dans des batteries pour les jours où le soleil fait défaut. Le panneau, une fois installé, ne vous coûte que l’entretien annuel : attention, cet entretien concerne aussi bien les panneaux que les batteries. Une indépendance quasi-totale !

Ce qu’il faut savoir sur le photovoltaïque

Les panneaux photovoltaïques sont composés essentiellement de silicium, un minerai très répandu sur notre planète.

Il existe trois types de panneaux pour produire de l’électricité :

  • Panneaux monocristallins (dont les cellules sont issues d’un seul cristal de silicium. La structure du cristal est parfaitement homogène ce qui lui donne sa couleur caractéristique qui est généralement uniformément noire.)
  • Panneaux polycristallins (dont les cellules sont composées de plusieurs cristaux de silicium de taille diverses. Ils présentent une couleur hétérogène se rapprochant plutôt du bleu)
  • Panneaux amorphes (souples, ils sont constitués de poudre de silicium ils sont utilisés pour des applications diverses telles les calculatrices, chargeurs …)

Le rendement des panneaux est déterminé par la qualité des cristaux ; les panneaux monocristallins ont un rendement supérieur aux panneaux amorphes.

Cependant, le panneau monocristallin est plus coûteux à l’achat et consomme plus de ressources pour sa fabrication. Il surchauffe plus en cas de températures élevées et par conséquent produit moins qu’un panneau polycristallin dans les régions chaudes. Il trouve toute sa place dans les régions froides et très ensoleillées.

Les panneaux polycristallins ont un rendement surfacique légèrement inférieur mais une production plus régulière tout au long de l’année. Leur procédé de fabrication demande moins de ressources et ils ont un meilleur rendement en cas de température élevée. Le panneau polycristallin a un meilleur rendement dans les régions chaudes de notre planète.

Bien entendu, le choix de l’emplacement est primordial pour un bon rendement des panneaux photovoltaïques. En France, des panneaux installés sur une toiture orientée plein sud, sud-est ou sud-ouest, avec une inclinaison de 30° à 45° donnent le meilleur rendement. Il faut vérifier qu’il n’y ait pas de masques (grands arbres, immeubles …) limitant la durée d’exposition journalière au soleil. Mais une exposition murale au sud, pour certains types de panneaux, peut également convenir.

Fonctionnement

Pour fonctionner, les panneaux ont besoin d’un onduleur. Son rôle est de stabiliser la tension électrique. C’est souvent un des premiers éléments du montage électrique à être défectueux : faites attention à ce qu’il soit de bonne qualité. Sur un seul onduleur vous pouvez connecter 5 panneaux ou plus.

Attention, le verre qui protège les cellules en silicium du panneau a tendance à ‘piquer’, c’est-à-dire à noircir au fil du temps. Cela signifie qu’il filtrera une partie des rayons solaires qui le traversent et réduira le rendement de votre panneau.

Il faudra également veiller à nettoyer les panneaux de poussières qui joueront le même rôle de filtre quant à la lumière récupérée et effectivement transformée en électricité.

Vous produirez des kilowatt-crête : le kilowatt-crête est une unité de mesure pour évaluer la production maximum possible pour un panneau dans des conditions idéales : exposition à 45° plein sud avec un panneau peu chauffé. Les fabricants utilisent également les termes « valeur nominale » ou « puissance nominale ».

Différentes options

Si votre habitation est reliée au réseau électrique, plusieurs options s’offrent à vous : autoconsommation totale, autoconsommation avec vente du surplus ou revente totale.

Pour l’autoconsommation totale, les panneaux devraient couvrir les besoins de base de votre ménage en électricité lorsque vous êtes absent de chez vous ; la somme de tous les appareils fonctionnant 24 heures sur 24, toute l’année, tels les congélateurs, réfrigérateurs, auxiliaires de chauffage, votre box, l’aquarium …

Pour le consommateur, l’autoconsommation totale permet de maîtriser l’origine d’une partie de son électricité, et de réduire sa facture en conséquence. Si vous choisissez cette option, vous n’aurez pas de frais de raccordement.

Pour la collectivité, l’autoconsommation contribue au développement des énergies renouvelables et du photovoltaïque en toiture en particulier, limitant ainsi les conflits d’usage au sol, et réduisant potentiellement le besoin de renforcement du réseau électrique et les coûts associés.

Ces bénéfices reposent sur le juste dimensionnement de l’installation photovoltaïque destinée à l’autoconsommation. Il convient en effet de concilier deux enjeux : éviter le sous-dimensionnement de l’installation qui limiterait son impact et les bénéfices associés, notamment sur la baisse de facture d’électricité, mais aussi éviter le surdimensionnement. L’objectif est donc de synchroniser les besoins en consommation avec l’ensoleillement et la production de l’installation.

En autoconsommation avec vente du surplus, vous vendrez l’électricité que vous ne consommez pas à votre fournisseur d’énergie à un tarif d’achat fixé au préalable. Les installations d’une puissance inférieure ou égale à 100 kWc qui respectent les critères d’implantation sont éligibles à une prime à l’investissement répartie sur les 5 premières années de fonctionnement (Voir notre article précédent).

L’électricité qui ne sera pas consommée instantanément sera vendue à EDF, qui a une obligation d’acheter l’électricité que vous injectez sur le réseau à un tarif fixé par l’Etat, appelé Tarif d’Achat Photovoltaïque. Ce prix est variable selon la puissance de votre installation.

En cas de vente totale de la production, les installations d’une puissance ≤ 100 kWc, implantées sur le bâtiment, bénéficient d’un tarif d’achat. Pour les installations ≤ 9 kWc intégrées au bâtiment, et ce pour toute demande complète de raccordement effectuée avant le 30/09/2018 inclus, ce tarif est majoré d’une prime.

L’acheteur désigné par l’État (Électricité de France – EDF AOA ou une régie locale de distribution d’électricité) devient votre partenaire. Il a l’obligation d’acheter l’électricité que vous injectez sur le réseau à un tarif fixé par l’État, appelé tarif d’achat photovoltaïque, exprimé en centimes d’euro par kWh. Les modalités tarifaires pour l’achat de l’électricité photovoltaïque sont fixées par l’arrêté du 9 mai 2017.

Alors, qu’est-ce que je gagne ?

Tout d’abord, il est important de souligner que l’énergie solaire contribue largement à l’effort écologique. C’est bien, mais encore faut-il que le coût des panneaux photovoltaïques (prix d’achat et charges de fonctionnement) ne s’avère pas un gouffre financier pour le particulier. Par conséquent, pour un investissement intelligent, il est judicieux de penser rentabilité. Si les bénéfices procurés par l’installation solaire permettent de rembourser le montant investi, vous êtes gagnant au même titre que la planète, n’est-ce pas ?

Pour une installation de 6 kWc, il faut compter entre 11.000 € à 16.000 €, pour l’achat, la pose et la mise en route de votre installation. Les panneaux ont une durée de vie de 25 ans minimum.

En cas de revente, vous serez assujetti au paiement du Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité (ou TURPE), environ 25 à 40 € par an.

L’onduleur devra être remplacé tous les 10 ans, pour un prix d’environ 1500 €.

Pour une puissance de 6 kWc installée, le rendement en France est estimé en moyenne à 6000 kWh/an.

En 2017, la consommation annuelle moyenne par foyer en France est d’environ 5000 kWh. Ce chiffre comprend le chauffage électrique qui compte pour environ 40%. Les besoins en électricité des ménages n’ont cessé d’augmenter.

On peut donc faire le calcul suivant pour 6 kWc installés :

Investissement                                Prix total Années Coût/an
Installation 16.000 € 25 640 €
Turpe 40 € 1 40 €
Onduleur 1500 € 10 150 €
Raccordement 1200 € 25 120 €
Coût total /an 950 €

Rendement

Gains 6 kWc Durée Gain total Gain/an/25 ans
Autoconsommation 0.29 €      x 6000   5   8.700 € 348 € Plus votre électricité autoconsommée
Vente du surplus 0.1582 € x 1000 25   3.955 € 158 €
Vente totale 0.1582 € x 6000 25 23.730 € 949 €

Bien sûr, ces chiffres sont basés sur des moyennes de rendement et une disparité importante peut être observée selon l’exposition, l’ensoleillement et selon la qualité de votre installation.

 

En conclusion

L’énergie solaire est avant tout un investissement personnel, un engagement sur les énergies renouvelables et un pas vers la transition énergétique. L’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas et le premier pas vers la sobriété énergétique devrait être une diminution de nos consommations avec les petits gestes du quotidien.

Mesurer la rentabilité de votre projet avec pour seuls critères le bilan financier et l’évaluation du vendeur n’est pas suffisant pour juger de son intérêt. Contactez l’Espace Info Energie le plus proche de chez vous. Vous y trouverez des informations qui vous aideront à monter votre projet et vous pourrez obtenir une évaluation indépendante de la rentabilité potentielle.

Crédit photo: Adobe stock
13 novembre 2018
1 Commentaire/par
1 réponse
  1. Magnan Thomas
    Magnan Thomas dit :

    Bonjour,
    Quand est il des batteries pour stocker l’électricité? Les plus performantes sont celles au lithium me semble t’il. Mais le lithium est plutôt rare, comment est il extrait? dans quelle condition écologique et sociale?
    Il n’y a pas de solution miracle mais ce facteur me semble important à prendre en compte.
    Cordialement,
    Thomas

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