Les parasites du bois dans l’habitat

Chacun d’entre vous a déjà vu ou entendu parler de ces insectes qui font de petits trous dans les meubles, les escaliers, ou bien des champignons qui « attaquent » les charpentes, les poutres, ou encore des termites qui dans certaines régions, provoquent des dégâts considérables… Petit tour d’horizon de ces prédateurs du bois.

Tout d’abord, il faut rappeler une chose : un bois pourri est un bois malade. Il ne pourrit pas naturellement. Pour s’en assurer, il suffit de penser à la ville de Venise, presque entièrement construite sur des pieux en bois plongés dans le canal depuis le 15ème siècle. Ces pieux mesurent 20 centimètres et sont en chêne, chêne rouvre, ou mélèze.

Il existe deux grandes catégories de parasites :

  • les champignons
  • les insectes à larves xylophages (ILX)

Les champignons

Le plus connu est certainement la mérule (Serpula Lacrymans) parmi une quarantaine de champignons qui peuvent infester les bois d’une habitation. On parle notamment de champignons de pourriture cubique, pourriture fibreuse ou pourriture molle. Pour que les champignons puissent se développer, ils ont besoin de plusieurs éléments :

  • une humidité suffisante et continue : la mérule et ses cousins peuvent se développer uniquement si le bois a une teneur en eau d’au moins 30% (un bois sec contient 15% d’humidité en moyenne) ;
  • une température idéale entre 20 et 25 degrés Celsius, la mérule se développant tout de même entre 2 et 20° C mais pas au delà de 25° C ;
  • une atmosphère confinée ;
  • une obscurité importante.

Autrement dit, les champignons ne peuvent pas infester une habitation bien ventilée, sans fuite (toiture, plomberie) et normalement entretenue.

Les insectes à larves xylophages (ILX)

Termites, capricornes, vrillettes, lyctus, charançons…Voici des noms qui nous sont plus ou moins familiers. Ces insectes ont choisi le bois d’œuvre pour y déposer leurs pontes, qui donneront naissance à des larves pourvues de puissantes mandibules et capables de dégrader le bois.

Ils se nourrissent de la cellulose présente dans le bois (mais présente également dans les plaques de plâtre puisque celles-ci contiennent deux feuilles cartonnées).

Les champignons et insectes à larves xylophages peuvent engendrer de sérieux dégâts dans une habitation. Il existe des moyens pour prévenir ces attaques :

Contre la présence de champignons :

  • entretien de l’habitation : nettoyage des égouts, des gouttières, des mousses ; réparation des pans de bois, des fuites de canalisation, des fissures ; remplacement des tuiles endommagées,
  • suppression d’ouvrages non adaptés : trottoir autour d’un bâtiment ancien ou l’eau va s’accumuler sous le trottoir, pénétrer le mur et humidifier le plancher en bois ; de manière générale, il faut veiller à conserver la perméabilité (pas de barrière étanche type enduits ciments ou peintures vinyliques) et la bonne ventilation de l’enveloppe d’un bâtiment ancien afin d’éviter l’accumulation d’humidité.

Si la présence de champignons est avérée, il faut réagir rapidement. Chaque bâtiment doit être étudié au cas par cas pour envisager les actions à engager. De manière générale, il est recommandé de faire appel à un diagnostiqueur ou un expert qui va identifier l’infestation éventuelle et déterminer les mesures à prendre. Il faudra ensuite supprimer l’excès d’humidité, assécher le bâtiment, réparer les bois dégradés puis détruire le champignon si nécessaire.

Moyens curatifs utilisés : traitement fongicide, traitement chimique avec des produits toxiques, traitement par air chaud (peu développé en France, consiste à tuer le champignon en chauffant l’air à 50° C pendant 16h, peut détériorer certains matériaux sensibles à la chaleur).

Contre la présence d’insectes :

  • les traitements insecticides peuvent être utilisés en prévention pour renforcer la résistance du bois aux attaques de xylophages. Cependant, il ne sont pas toujours efficaces lorsqu’il s’agit d’un traitement en surface (par exemple, les capricornes sont surtout au cœur du bois). Les traitements par imprégnation sont possibles mais sont peu utilisés aujourd’hui en raison notamment d’un coût élevé et d’un impact environnemental et sanitaire non négligeable.
  • en construction, présence de barrières anti-termites (film polyane avant fondation, gel insecticide)
  • le choix de l’essence et de la classe du bois est primordial. Les essences les plus durables et naturellement résistantes aux agressions (insectes, champignons) sont les suivantes : chêne, châtaignier, robinier, mélèze, pin, bois tropicaux. Le bois structurel, en fonction de son traitement, peut être de 5 classes différentes (norme EN 335) :
  1. Mobilier, portes,
  2. Humidité ponctuelle : traitement de surface (charpentes),
  3. Humidité régulière : traitement de surface ou en profondeur (bardage, charpente apparente extérieure),
  4. Humidité permanente : traitement en profondeur (terrasse extérieure, piliers enterrés),
  5. Réservé aux bois utilisés en milieu marin.

Des traitement curatifs peuvent être envisagés pour traiter les parties touchées par des ILX avec des injections de produits insecticides. Tout bois non structurel (meubles, portes,) ne sera pas conservé, le bois de structure pourra lui être conservé si moins d’un tiers de sa section est contaminé.

Quant aux termites, les moyens curatifs sont très lourds : définition de l’origine de l’infestation et d’un périmètre de sécurité, neutralisation et éradication des colonies, remplacement des bois structurels attaqués…

Pour plus d’informations, contactez nos Conseillers Info-Energie. Vous pouvez également consulter les ouvrages suivants :

Crédit photos : ALEC 27
13 décembre 2013
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