Produire sa propre énergie électrique grâce à une éolienne : promesse tenue !

IMG_0497.resizedL’association P’tit Watt  a organisé à un stage de construction de la totalité d’une petite éolienne (moins de 12 mètres) auquel l’ALEC a participé. Les ingrédients nécessaires à la réussite de cette aventure sont nombreux :

  • 6 mois de préparation en amont pour l’association organisatrice, P’tit Watt, basée à Villégats et fondée par Dominique Boucherie
  • 3 jours intenses en échanges, apprentissages et retroussage de manches du 20 au 22 avril
  • 3 formateurs ayant eu plusieurs expériences de constructions de petites éoliennes acquises auprès de Tripalium et 8 stagiaires de tous horizons et hyper motivés, soit environ 330 heures de travail au total !
  • 3 ateliers différents pour réaliser toute l’éolienne de A à Z : un atelier découpage du métal et soudure ; un atelier travail du bois pour la réalisation des pales ; un atelier électricité pour la réalisation de l’alternateur, du contrôle électrique (pont de diode comme redresseur, onduleur) et du câblage
  • 1 portes-ouvertes pour présenter l’éolienne finie le samedi 23 avril à Villégats où environ 40 personnes étaient présentesWP_20160423_10_43_18_Pro

« Dis-moi et j’oublierai, montre-moi et je me souviendrai, implique-moi et je comprendrai » Confucius

L’objectif de l’association P’tit Watt est de permettre la transmission de savoir-faire techniques et la diffusion à grande échelle de la réalisation d’équipements domestiques permettant de produire de l’énergie renouvelable. La chargée de mission éducation à l’énergie et au climat de l’ALEC 27 a participé à cette aventure humaine et technique. De la soudure à l’arc à la réalisation du moulage des éléments de l’alternateur en passant par le travail de taille des pales en bois, la totalité des techniques ont été mises en pratique par la chargée de mission.

« Ne prend pas la plane de cette façon, il est plus efficace de travailler le fil du bois avec les outils à 45° », explique Pierre-Yves, l’un des formateurs. Les conseils et l’accompagnement de personnes expérimentées est nécessaire pour la prise de confiance des stagiaires, assurer le IMG_0504.resizedrespect de la réalisation et assurer la sécurité. En effet, les stagiaires manipulent des outils pouvant être dangereux si les règles de sécurité ne sont pas assurées et respectées. Les personnes chargées du découpage du métal et de la soudure étaient toutes équipées de gants, lunettes, casque anti-bruit et masques à soudure ; et le cri « on soude !! » signalait à toutes les personnes à proximité de tourner le dos à la lumière extrêmement puissante dégagée par la soudure à l’arc.

Mettre en pratique les alternatives à un système centralisé de production

« Pour le moyeu du rotor, nous sommes allés à la casse et nous avons pris le moyeu d’une roue arrière de voiture. Nous l’avons découpé, démonté, dégraissé avec de l’essence : cela nous a coûté environ 20 euros et nous donnons ainsi une deuxième vie aux objets » explique quant à lui Dominique Boucherie, fondateur de l’association P’tit Watt. L’objectif est bien un objectif de développement durable et autant que possible, de s’affranchir d’un système de production d’énergie centralisé gaspillant une grande partie de l’énergie électrique en chaleur. En effet, rappelons que l’énergie électrique française est produite à 72 % par les 19 centrales nucléaires  avec parfois des éloignements de plus de 300 kilomètres entre les habitations (lieux de consommations) et le lieu de production (les centrales nucléaires). (source : https://www.edf.fr/groupe-edf/producteur-industriel/carte-des-implantations#!field_poi_type_1%3D367%7Cid%3Drzr-poi-behavior-filter-form)

Rappelons que le passage de l’électricité dans un matériau (même très conducteur) dégage de la chaleur (effet joule) et que cette chaleur représente une déperdition d’environ 6 % de la production, soit 20 Térawattheures (TWh) par an sur le réseau (source : http://www.connaissancedesenergies.org/electricite-a-combien-s-elevent-les-pertes-en-ligne-en-france-140520). Afin de comprendre ce que représente 20 TWh, c’est-à-dire 20 000 000 000 de kilowattheures (kWh), c’est un peu plus que la consommation totale d’électricité de la Haute-Normandie en 2012 (16,5 TWh) (source : http://www.rte-france.com/sites/default/files/be_regional_2012_haute-normandie.pdf).

Si vous souhaitez vous aussi participer à la relocalisation de la création de votre énergie électrique, n’hésitez plus à contacter l’association P’tit DSC_0410.resizedWatt et l’ALEC 27 afin d’accompagner vos projets.

Crédits photographiques : ALEC 27 et stagiaires

27 avril 2016
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