Quatre logements chauffés au bois plaquettes dans un corps de ferme

A quelques kilomètres de Gaillon sur la commune de La Croix-Saint-Leufroy, quatre logements situés dans un corps de ferme et propriété d’une SCI sont désormais chauffés au bois déchiqueté.

Ces quatre logements sont répartis dans une maison de maître de 450 m² habitables et dans une maison d’exploitation de 170 m² habitables.

La maison de maître comprend deux logements respectivement de 250 m² et de 200 m². L’ensemble de ce bâtiment était chauffé par une chaudière fuel qui consommait en moyenne 9 500 litres de fuel par an, production d’eau chaude sanitaire comprise.

La maison d’exploitation comprend un logement de 85 m2 chauffé auparavant avec des radiateurs électriques et un logement de 85 m² qui était chauffé par une chaudière fuel dédiée. L’ensemble correspondait en équivalent fuel à une consommation moyenne de 3 600 litres de fuel par an, production d’eau chaude sanitaire comprise.

Fin 2012, le gérant de la SCI, accompagné dans sa réflexion par l’ALEC 27,  s’est posé la question du bois-énergie pour fournir chaleur et eau chaude sanitaire à ces logements. En effet, le coût énergétique devient un critère important pour tout locataire. Dans ces logements anciens, il aurait été difficile d’atteindre une très forte réduction de la consommation énergétique par la seule amélioration de l’enveloppe du bâtiment. Il a donc été choisi un compromis entre une amélioration de l’isolation (30 cm de laine de roche en sous-toiture, double-vitrage là où il n’y en avait pas) et la mise en œuvre d’un combustible meilleur marché et non polluant : le bois-énergie.

Au printemps 2013, le gérant prend la décision d’engager les travaux d’amélioration de l’isolation associés à l’installation d’une chaudière bois-énergie. Courant octobre 2013, une chaufferie bois plaquettes de 102 kW est installée dans un bâtiment agricole situé entre les deux maisons.

La maison de maître a été séparée en deux zones de chauffage indépendantes. La maison chauffée en tout électrique a été équipée d’un chauffage central. Quant à la production d’eau chaude sanitaire, elle est assurée par des ballons d’eau chaude bi-énergie de 300 litres. En effet, en période estivale, il est plus intéressant de stopper la chaudière et d’assurer le chauffage de l’eau avec une énergie alternative solaire ou, dans notre cas, électrique.

La chaudière est reliée au réseau de distribution secondaire des habitations par un réseau primaire de gaines techniques isolées et  enterrées qui assure le transport de la chaleur et son retour avec très peu de pertes.

Les locataires bénéficient désormais d’un confort optimal grâce à une automatisation de fonctionnement associée à une régulation performante. Par ailleurs, le coût de la chaleur fournie est aujourd’hui trois fois moins élevé que le fuel. 

L’usage d’un combustible local et renouvelable leur garantit un approvisionnement pérenne avec un taux d’augmentation des prix raisonnable, indépendant des fortes fluctuations économiques auxquelles sont soumis les combustibles fossiles à l’international.

Un combustible économique issu de la forêt

Les plaquettes sont issues du déchiquetage des bois forestiers venant du département de l’Eure. Celles-ci doivent avoir une granulométrie régulière, être exemptes d’impuretés et présenter un taux d’humidité inférieur à 25%. Elles sont livrées par camion mais le gérant étant agriculteur réalise le transport lui-même avec sa benne de 35 m3. Sauf saison exceptionnelle de grand froid prolongé, quatre à cinq transports par an suffiront.

Une installation de stockage : le silo

L’alimentation de la chaudière s’effectue à partir d’un silo de 120 m³ séparé de la chaufferie par un mur coupe-feu. Le désilage du combustible est assuré par un extracteur à pales rotatives de 5 m de diamètre et son transport vers le foyer s’effectue à l’aide d’une vis sans fin. En saison de chauffe, une intervention hebdomadaire suffit à l’agriculteur pour vider le bac à cendres, la chaudière étant équipée d’un décendrage automatique.

En résumé, le bois-énergie, c’est :

  • d’importantes économies de fonctionnement

  • une indépendance énergétique

  • le respect de l’environnement

Eléments récapitulatifs de l’installation

Impacts environnementaux

Economie d’énergie fossile  : 12 TEP*/an   ( * Tonne équivalent pétrole)           

CO2 évité : 35 Tonnes/an (équivalent à 17 voitures  parcourant 17 000 km/an)

Données économiques (2013)

Main d’œuvre  : 7 040 € HT

Chaudière, ballons, accessoires : 40  347 € HT

Réseau 200 ml tubes 32 et 25 : 4 100 € HT

Cheminée et accessoires, divers : 5 720 € HT 

Aides financières    – Conseil général de l’Eure  ……… : 6 474 €

                                 – Certificats d’économie d’énergie : 6 600 €

 Les tranchées et l’aménagement du silo ont été réalisés par le propriétaire. 

Coût du combustible (saison 2013-2014) : 22,5 € HT le MWh 

Descriptif technique

Besoins thermiques estimés : 130 MWh utiles/an

Taux de couverture bois : 100%

Equipement bois : Hargassner / HSV 100s WTH 110

Installateur : David Vallois

Combustible : bois plaquettes

Consommation estimée ≈ 44 tonnes ou 165 MAP* (* M³ Apparent de Plaquettes)

Date de mise en service : octobre 2013

Crédit photos : ALEC 27
4 juillet 2014
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En remplacement de chaudières fuel et de radiateurs électriques

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