Un exemple de chauffage au bois-énergie près de Gaillon

L’ALEC organisait le 07 Juin 2016 un chantier de déchiquetage en partenariat avec la CUMA Haies’nergie & Territoires une démonstration de déchiquetage suivie d’une visite de la chaufferie bois de M. CUVIER.

Cette CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) réunit des agriculteurs souhaitant valoriser du bois local en bois énergie.

En effet, les agriculteurs disposent souvent de linéaires de haies importants sur leur exploitation. Dans le cadre d’une gestion durable de ceux-ci, l’exploitation de ces haies en bois énergie permet de générer un revenu en cas de vente à un tiers (ex : une chaufferie de collectivité) et/ ou une économie sur la facture dans le cas d’une autoconsommation.

Pour sa part, François Cuvier, adhérent de la CUMA déchiquète du bois destiné à l’abandon qu’il brûle ensuite dans sa chaufferie.

Les chaufferies bois déchiqueté présentent des coûts d’investissements importants, notamment à cause du génie civil (création de silo et aménagement d’un local chaufferie). Ces coûts varient peu en fonction de la puissance installée.

Les investissements pour un chauffage au bois déchiqueté sont supérieurs aux investissements réalisés pour un chauffage au gaz ou au fioul. En revanche, le prix du combustible est plus faible.

Par ailleurs le génie civil (création de silo et aménagement d’un local chaufferie) représente le poste d’investissement le plus important. Or, celui-ci n’est pas proportionnel à la puissance installée.

Considérant ces éléments, M. CUVIER a compris qu’il avait tout intérêt à contrebalancer l’investissement par une production de chaleur issue d’un combustible à bas coût.

compteurs de chaleur

compteurs de chaleur

Ce faisant, il a lui-même réalisé un réseau enterré afin de vendre de la chaleur à ses voisins. La vente de chaleur se fait de façon précise grâce à des compteurs d’énergie thermique. Le prix du kWh est fixé sur le prix du fioul de telle sorte que ses voisins, auparavant chauffés au fioul ou au propane, réalisent une économie sur leur facture énergétique.

Côté technique, le silo est de plain-pied. Le remplissage du silo par le haut (toit hydraulique) se fait par un tracteur équipé d’un godet.

toit hydraulique

Silo avec ouverture hydraulique du toit pour le chargement

Le combustible est ensuite extrait et amené au cœur du foyer par un déssileur rotatif et un système de vis sans fin dont la chaudière est équipée de série.

hargassner

chaudière bois avec armoire électrique et vis de transfert

L’eau chaude est ensuite acheminée jusqu’aux habitations par un réseau de canalisations souterrain.

Au niveau des habitations, un échangeur à plaques se substitue aux chaudières traditionnelles. L’échangeur permet de séparer les réseaux hydrauliques de l’habitation de ceux de la chaufferie.

Ainsi, le fonctionnement de la chaudière et du réseau n’est pas perturbé en cas de fuite sur le réseau de chauffage d’une habitation.

En 18 mois de fonctionnement, l’installation aura produit 160 MWh de chaleur renouvelable et aura évité l’émission d’un peu plus de 43 tonnes de C02 soit l’équivalent de 33 voitures retirées de la circulation (10 000 km/an et 130g CO2/KM).

Credit photo: ALEC27
9 juin 2016
par

Chaufferie bois St Julien de la Liègue ×

Chaufferie bois de Monsieur Cuvier alimentée par du bois déchiqueté

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