La ferme de M.Galmel : un exemple de chauffage au miscanthus

La tenue de l’Assemblée Générale de l’ALEC 27 le 1er juin 2013 chez M. Galmel, exploitant agricole à Tilly, a été l’occasion de découvrir son installation de chauffage au miscanthus.

Michel Galmel réalise une production de produits cidricoles dans une démarche de développement durable engagée de longue date. Il applique la même logique à la rénovation progressive de ses bâtiments en employant en partie des matériaux sains et bio-sourcés comme le lin ou des enduits à la chaux respectant le bâti ancien.

M. Galmel a franchi un pas important en 2011 en réalisant l’installation d’une chaudière automatique polycombustible alimentée par du miscanthus. 

La chaudière de 100 kW à décentrage automatique est associée à un réseau technique enterré qui chauffe actuellement deux appartements, deux chambres d’hôtes, une maison et un magasin. Sa puissance est prévue pour chauffer ultérieurement une grange qui sera rénovée pour permettre l’accueil de groupes. Le tout représentera 750 m² de surface et 2120 m3 de volume. La chaudière sert également à la production d’eau chaude sanitaire sur toute l’année, ce qui montre la qualité de la régulation mise en place y compris lorsque la chaudière est en sous-régime en été. Michel Galmel réalise également un suivi de fonctionnement de qualité qu’il affine au fil de son expérience. Il obtient ainsi un volume de cendres très raisonnable puisqu’il correspond à un volume d’une ou deux brouettes par mois selon la saison. Une des anciennes chaudières fuel a été conservée en secours ou complément mais n’a pas eu  besoin de fonctionner depuis l’installation de la chaufferie au miscanthus.

Un silo de 120 m3 permet de stocker 12 tonnes de miscanthus. Un dessileur rotatif de 4,5 m de diamètre et une vis sans fin assurent le transfert du combustible. Un télescopique est utilisé toutes les 3 à 4 semaines pour pousser le tas de miscanthus vers le dessileur.

Un combustible économique 

Michel Galmel cultive 7,5 ha de miscanthus implantés en 2008 et 2009. Une ensileuse à maïs permet de réaliser la récolte annuelle à la fin de l’hiver lorsque la plante affiche un taux d’humidité inférieur à 20%. Une bonne partie de la récolte (5 ha) est destinée à la production de litière pour chevaux. En usage énergétique, il est recommandé de s’équiper d’une chaudière à fond mouvant plus onéreuse mais qui évitera les problèmes de mâchefer plus importants avec ce type de combustible.

La plantation se situe à proximité de la chaufferie, le facteur transport est donc réduit à son minimum. De plus, la culture du miscanthus nécessite très peu d’intrants, facteur supplémentaire en termes d’économie (produits, temps de travail sur la parcelle) mais aussi facteur de respect de la biodiversité et de la qualité de l’eau.

Pour cette exploitation, une étude réalisée par  la Chambre d’Agriculture de l’Eure a estimé le coût de revient du combustible lissé sur 20 ans à 110 €/T, soit un prix de revient du MWh de 27 € à comparer au prix de revient du MWh fuel de 97 € (source Pégase 2012).

Un projet économiquement viable et rentable

Un comparatif des coûts de consommation avant installation de la nouvelle chaufferie et après est délicat car les volumes chauffés ont augmenté d’un tiers pendant ces deux premières années d’exploitation et en parallèle le bâti a évolué avec la mise en œuvre de travaux d’amélioration énergétique (isolation, menuiseries …). Avant travaux, trois types d’énergie étaient utilisés selon les locaux correspondant en 2009/2010 à la répartition suivante : 9700 litres de fuel, 8300 kWh d’électricité et 18 stères de bois, soit environ 133 000 kWh et un coût total moyen annuel de 10 000 €.

Sur les saisons de chauffe 2011 et 2012, le coût moyen annuel du combustible miscanthus a été de 3245 € et les annuités de remboursement de l’emprunt (12 ans à 4%) sont de 7605€ représentant un total annuel de 10850 € mais avec un volume chauffé supérieur d’un tiers environ. On constate que l’importante économie réalisée sur le combustible permet de financer l’investissement en seulement 12 ans. En coût global cumulé sur 15 ans avec une augmentation moyenne de seulement 2% de plus pour le fuel que pour le miscanthus, ce projet miscanthus est rentabilisé en 7 à 8 ans face à un projet neuf équivalent au fuel.

Avec cette chaudière au miscanthus, la fourniture de chaleur pour chauffer l’ensemble des volumes y compris la future grange et pour produire l’eau chaude sanitaire permet d’éviter le rejet de 44 tonnes de CO² comparée à une solution alternative au fuel.

Descriptif technique 

– Besoins thermiques estimés     : 115 MWh utiles/an

– Taux de couverture miscanthus   : 100%

– Equipement chaudière                 : Heizomat  100 kW

– Combustible                                  : miscanthus

– Consommation estimée               : 30 tonnes  environ

– Date de mise en service               : avril 2011

Données économiques (2011)

– Investissement : 41 000 € HT  (chaudière,  ballon, accessoires, cheminée, tranchées, réseau technique de chaleur, silo)

– Main d’œuvre     : 39 000  € HT

– Aide financière   : 9 000  € TTC

Impacts environnementaux

– Economie d’énergie fossile*  : 18 TEP/an

– CO2 évité  : 44 Tonnes/an

*TEP : Tonne équivalent pétrole

>> En savoir plus sur le miscanthus

Pour plus d’informations, contactez notre Chargé de Mission bois-énergie.

Crédit photos : ALEC 27
12 juillet 2013
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A Tilly, exemple de chauffage au miscanthus ×

Pour chauffer l’ensemble des volumes et pour produire l’eau chaude sanitaire.

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