Vers un éclairage raisonné à Brionne

En hausse depuis plus de 30 ans, tant dans les petites communes que dans les grandes agglomérations, l’éclairage public représente près de 48 % des dépenses d’électricité des collectivités et en moyenne 23 % de leur facture énergétique totale.

Selon l’ADEME, 30% d’économies d’énergie pourraient être réalisées en modernisant et en réduisant l’éclairage public et privé. En France, cette économie permettrait d’éviter chaque année la consommation de 1,6 TWh d’électricité et l’émission de 175 000 tonnes de CO2.

Par ailleurs, comme le rappelle l’ANPCEN (Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes), les impacts de l’éclairage nocturne sont nombreux :

  • économiques pour les collectivités et les contribuables
  • énergétiques (épuisement des ressources fissiles et fossiles, émissions de gaz à effet de serre…)
  • naturalistes (perturbation des migrateurs et des espèces nocturnes telles que batraciens, chiroptères, chouettes…)
  • sanitaires (troubles du sommeil, stress, perturbation des rythmes biologiques et des cycles hormonaux…).

Economie et environnement sont les 2 faces d’une même pièce (Valéry Beuriot, Maire de Brionne, le 06 avril 2016)

Soucieuse de rationaliser ses dépenses dans un contexte budgétaire contraint, la ville de BRIONNE s’est engagée depuis plusieurs mois dans une large démarche de maîtrise de l’énergie. Après la réalisation d’un audit complet de l’éclairage public en 2014, et la réalisation d’une première tranche de travaux consistant à remplacer les éclairage « boules » par des lampadaires performants en 2015, la ville envisage désormais de procéder à une extinction partielle de l’éclairage nocturne.

Pour rappel, à Brionne, l’éclairage public Cependant, fidèle aux valeurs de la démocratie participative, les Elus souhaitent que cette évolution se fasse en parfaite concertation avec leurs habitants, c’est à dire après une phase de consultation.

Ainsi, Brionne organisait, le 6 avril dernier, en partenariat avec l’ALEC 27, une réunion publique consacrée à l’extinction nocturne de l’éclairage public. Au cours de cette soirée, Valéry BEURIOT, Maire, et José MORENO, 4ème adjoint en charge de la voirie, sont largement revenus sur l’action de la commune en matière d’économies d’énergie. D’ailleurs, à Brionne, les chiffres parlent d’eux même (voir illustration ci-dessous).

Capture-brionne

Pour un éclairage public raisonné

Trois témoignages de communes de l’agglomération d’Evreux sont venus confirmer l’intérêt de procéder à cette extinction :

  • Catherine BENARD, Maire de Sassey (180 habitants), où l’extinction entre 22h15 et 6h du matin a permis de réduire la consommation de 57% entre 2013 et 2015.
  • Claude BEHAR, Maire d’Aviron (1100 habitants), où l’on a commencé à éteindre l’éclairage il y a plus de 10 ans, et où l’on a atteint 5 étoiles au concours des Villes et Villages étoilés.
  • François GANTIER, Maire de Gravigny, (3990 habitants), où l’ensemble des éclairages sont éteints depuis le 1er août 2013, y compris en centre ville.

Bien entendu, l’extinction suscite également des interrogations, voire des inquiétudes quant à une éventuelle recrudescence des incivilités ou des accidents dans les secteurs non éclairés. Là encore, les trois témoins de la soirée se sont montrés unanimes. Aucune augmentation des actes de vandalisme, des cambriolages, ni des accidents de la route. De quoi rassurer les Brionnais et le inviter à soutenir leurs Elus dans cette démarche !

Pas de lien entre extinction et vandalisme

Même constat partout en France, si l’on en croit les témoignages rassemblés dans une note émise le 17/10/2012 par le cabinet Pôle sécurité publique et prévention et la Préfecture du Puy de Dôme.

« Pérignat sur Allier et Mirefleurs ont choisit la réduction de l’éclairage public la nuit et ont été pionnières dans ce domaine. Dans ce cadre, il n’était pas constaté une hausse de la délinquance qui soit directement liée à cette action ».

« Le conseil municipal de Pont-du-Château a décidé le 27 avril 2012 la réduction de l’éclairage public. Le commandant de la COB de gendarmerie a noté un comportement plus prudent des conducteurs et peu d’impact direct sur les faits délictuels ».

Autres témoignages, relevés dans la presse :

Nicole Chevalier, Maire d’Aldruicq : « S’il avait fallu revenir en arrière, nous l’aurions fait. Mais on n’a eu aucune remarque. De plus, nous avons eu des remontées positives, notamment par la gendarmerie : il y a moins de rassemblements de gens, moins d’incivilités, moins de dégradations » (La Voix du Nord – 12/07/2013).

Paul Leveqc, 1er adjoint de Quesnoy-sur-Deule : « Les automobilistes roulent moins vite s’il fait noir » (La Voix du Nord – 03/04/2015)

Le service communication de Ministère de l’Intérieur lui-même temporise : « Il n’y a pas de règle établie, sur la relation entre délinquance et éclairage. Au niveau national, il n’y a pas d’étude, pas de chiffres. Même si une telle étude existait, ce serait parcellaire ».

Les Elus de Brionne vont désormais se pencher sur les modalités pratiques de mise en œuvre de l’extinction (quel objectif de réduction ? quels quartiers ? quelle plage horaire ?). Si tout se déroule comme elle le souhaite, la commune devrait donc être en mesure de présenter ses premiers résultats lors du prochain concours « Villes et villages étoiles », en décembre 2017.DSCN3820 recoupée

7 avril 2016
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