Le vivant : carburant d’aujourd’hui et de demain ?

Les biocarburants constituent-ils une alternative viable au pétrole ? Cette année, dans le cadre de la fête de la science consacrée aux légumineuses, l’ALEC 27 a choisi de se concentrer sur la question de la mobilité sous l’angle du carburant.  

Une fête de la science riche en événements

Du 11 au 16 octobre, sous le chapiteau dressé devant la MJC d’Elbeuf, une vingtaine d’exposants ont apporté leurs connaissances au très nombreux public âgé de 6 à 80 ans. Le thème retenu pour le village qui fêtait ses vingt ans était ‘le vivant hier, aujourd’hui et demain’. De nombreux événements ont ponctué cette semaine : la projection de films, l’inauguration de l’exposition des 20 ans du village et des conférences.

Visionnez la vidéo de l’évènement

La MJC avait également mis à disposition du grand public une exposition interactive de Science Action sur le thème du changement wp_20161011_14_55_06_pro_lide la matière. La section multimédia de l’IUT d’Elbeuf a également interrogé les exposants et les participants. Le succès de cette édition a été salué par Nathalie Cordiez, responsable du pôle culturel de la MJC et organisatrice de l’événement.

Les biocarburants : kezako ?

Le terme biocarburant provient du terme ‘bio’ qui signifie ‘la vie’ en grec et du terme ‘carburant’. Est considéré comme biocarburant tout carburant issu de matières végétales vivantes. Nolwenn Leostic, animatrice scientifique de l’ALEC, explique les différentes façons de créer du biocarburant :

–          A partir de matières qui contiennent du sucre.

–          A partir de matières qui contiennent de l’huile.

Ces matières ont évoluillustration-biocarburanté avec le temps : d’aliments consommables par l’homme (maïs, colza, betterave, canne à sucre, etc.), la recherche s’est dirigée vers des aliments non consommables (paille, bois, microalgues).

L’animatrice de l’ALEC avait reproduit sur son stand le principe de l’alambic, afin d’extraire l’alcool pur du vin, par exemple. L’alcool étant volatile, il est préférable de le mélanger à l’essence. Les participants pouvaient également trouver le moyen de filtrer au mieux de l’huile de friture usagée afin de créer une bougie. L’huile de friture doit être filtrée pour être mélangée au diesel et ne pas encrasser le moteur. Le site anglophone suivant donne de très nombreux conseils pratiques très intéressants :

http://journeytoforever.org/biofuel.html

Nolwenn Léostic étend également le concept de biocarburant au pétrole, qui est un biocarburant fossile. « Le pétrole provient en réalité de la transformation chimique, sous l’effet de la chaleur et de la pression, de végétaux et de micro-organismes animaux ayant vécu il y a des millions d’années » explique-t-elle aux visiteurs. Pourwp_20161011_15_48_20_pro_li-retouche en savoir plus sur la création du pétrole, consultez le site suivant :

http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/petrole

Au-delà des problèmes posés à l’environnement et à la santé par la combustion de ce biocarburant fossile, c’est surtout le problème de la fin de la ressource qui est posé à l’humanité et à son système économique.

Pourquoi les biocarburants ne pourront jamais remplacer le pétrole

L’objectif de l’animation était d’expliquer les processus de création des biocarburants, de discuter de leurs inconvénients et de leurs avantages mais surtout d’insister sur le fait que les biocarburants ne pourront jamais constituer une réponse viable pour se substituer au pétrole.

En 2011, les biocarburants fabriqués à partir de matières vivantes actuelles ne constituaient que 3 % de la totalité du carburant consommé sur Terre. Les conflits d’usages du biocarburant, composé de matières qui peuvent être mangées ou utilisées pour nourrir du bétail ou faire des meubles, rend la disponibilité de la matière première problématique. De plus, le développement massif de cultures de micro-algues en milieu marin, qui résoudrait le problème de la pression sur les terres cultivables et constructibles, pourrait avoir un impact important et encore non évalué sur le développement de la faune et de la flore marines.

Ne rêvons plus et changeons nos comportements

La réalité est difficile à admettre : les réserves de pétrole s’épuiseront un jour. Ces réserves dépendent de l’argent que nous sommes prêts à investir pour l’extraction du pétrole mais malgré tout l’argent qui sera investi, la matière première se tarira. Cela signifie qu’il n’y aura plus de pétrole pour fabriquer notre essence, kérosène, gasoil, huile ou de chimie à partir de pétrole pour fabriquer les caoutchouc, plastiques, médicaments, etc.

En tant que société, nous devons nous prémunir en agissant plutôt qu’en réagissant. Deux solutions s’offrent à nous :

  1. Changer nos comportements (marcher, faire du vélo, aménager la ville pour le vélo et la marche, acheter local, de saison, réparer au lieu de racheter des équipements électroniques, etc.)
  2. Changer les moteurs et/ou les voitures (passer à l’électrique ou à l’hydrogène et reporter le problème du pétrole vers la production d’électricité ; voitures ne faisant plus une tonne)

Les participants à la fête de la science ont donné leurs avis et états d’esprit (très divergents et intéressants) sur la question :

« Nous nous sommes déjà débarrassés de beaucoup de choses à la maison. Nous faisons très attention à tout ce que nous consommons. »

 « Tant qu’il n’y aura pas de volonté politique structurante, quelque chose qui viendra d’en haut, les changements ne seront ni massifs ni notables. »

 « Nous ne faisions que passer, nous ne sommes pas venus pour refaire le monde. »

L’ALEC 27 pense que c’est à nous de nous saisir de ces questions. Selon les Shadocks, « s’il n’y a pas de solution, il n’y a pas de problème » : or les conséquences de la fin prévisible du pétrole posent des problèmes trop graves pour que nous ne prenions pas quelques instants de réflexion pour trouver des solutions.

20 octobre 2016
par