Nos déchets : voir pour comprendre et prendre conscience

Les deux classes de 5ème mobilisées dans le défi Watt du collège Roger Gaudeau des Andelys ont visité l’incinérateur (unité de valorisation énergétique) et le centre de tri du site ECOVAL gérés par le SETOM et situés à Guichainville, le jeudi 15 novembre 2018. En tant qu’animatrice de l’ALEC 27, je les ai accompagnés dans leur visite.

En entrant dans le centre de tri, le bruit et le froid qui emplissent le hangar me frappent les oreilles et le visage ; une succession de tapis roulants partant dans tous les sens et passant en-dessous, devant, au-dessus de moi me donnent le tournis et, la poussière qui s’est déposée un peu partout donne une impression de vétusté au site qui n’a que 15 ans.

Nous montons sur une passerelle, à 7 mètres de mètres du sol. Des camions déchargent les déchets, poussés par un tracto-pelle, dans un coin du hangar. Le tas, plus haut que les camions, semble petit vu de la passerelle. 

Nous parcourons quelques mètres et nous voyons ce qui nous a été expliqué grâce à un schéma dans le couloir avant d’accéder au hangar : les cribles, des tapis roulants faisant ‘tressauter’ les déchets, permettent un pré-tri avant arrivée sur les tapis roulants des opérateurs pour le tri manuel. Certains opérateurs sont seuls et d’autres à plusieurs dans des bulles permettant de les couper du froid et de la poussière du hangar.

Le site entier est parcouru d’affiches pédagogiques : des schémas explicatifs sont visibles à de nombreux endroits. Ci-dessous, le schéma du fonctionnement du turboalternateur alimenté par l’incinérateur, par exemple.

10 tas de déchets différents sont récupérés à la suite du tri manuel et sont envoyés à la ‘presse’, une machine qui comprime les volumes triés pour en faire des cubes de 600 à 900 kilos facilement entreposables et déplaçables. Ces ‘cubes’ sont ensuite envoyés aux usines qui traiteront cette matière pour la recycler et créer de nouveaux objets fonctionnels. Les briques de lait deviennent ainsi du papier toilette, par exemple.

« Lorsque vous triez, vous créez des emplois et vous économisez de l’énergie et de la matière première, car ce qui a été déjà été extrait du sol et transformé n’a pas besoin de l’être une deuxième fois », explique notre guide. « N’oubliez pas de dire à vos parents que tout ce qui entre sur le site d’Ecoval est facturé aux communes : ce sont les habitants qui paient les taxes. Le traitement des déchets à recycler coûte 15€/tonne contre  110€/tonne à l’incinérateur que nous allons voir maintenant : c’est 7 fois moins cher si vous recyclez ! »

Ludivine Perdu, l’animatrice du SYGOM (le syndicat de gestion des déchets des Andelys), qui a réalisé la sensibilisation de tous les élèves, professeurs et agents du collège au tri, précise : « Les emballages doivent être vides de nourriture et pas besoin de les nettoyer, car ils seront pour la plus part lavés au recyclage, d’autant plus que vous pouvez humidifier le carton ou le papier et ces derniers vont alors pourrir. Pour nous, ce ne sera alors plus possible de les valoriser ! »

Nous traversons le parking accompagnés par les bip de recul des camions au loin. Nous entrons dans le bâtiment de l’incinérateur et nous montons les 2 étages. Nous entrons dans la salle de contrôle : une grande salle pourvu d’écran et d’ordinateurs mais surtout d’une immense vitre qui donne sur la fosse : 30 mètres de déchets ménagers, remués en permanence par un pontier, un opérateur qui manipule le grappin capable de contenir 2 tonnes de déchets (voir photo ci-dessous). L’opérateur s’aide de caméras (à droite de la photo ci-dessous) afin de visualiser le déplacement du grappin dans la fosse, tant cette dernière est profonde.

Face à nous, se déploie un immeuble de déchets. Il est incroyable de faire face à la somme de tous nos déchets, soit 5 000m3. Les camions qui déversent leur contenant dans la fosse semblent, encore une fois, tout petits. « Monsieur, il y a plein de déchets qui pourraient aller dans le centre de tri ! » s’exclame un élève.

Environ 300 tonnes de déchets ménagers sont déversées dans les 2 fours chaque jour. Ce dernier est constamment en fonctionnement : « L’incinérateur tourne 7 jours/7 et 24h/24 » explique le guide. Le four mesure 18 mètres de haut et a une température moyenne de 1 000°C. « Faites attention à ne pas jeter de déodorants encore pleins : ce sont des aérosols, ils contiennent du gaz. Avec la chaleur du four, ils explosent, et cela crée des microfissures qui abîment le four. Idem pour les piles et les batteries : ce sont des déchets à déposer en déchetteries. »

L’incinération ne constitue pas seulement une solution pour se débarrasser des déchets. Elle est aussi génératrice d’énergie respectueuse de l’environnement.
La chaleur qui se dégage de l’incinération va être récupérée pour produire de l’eau chaude qui alimentera le réseau de chauffage urbain d’Evreux ou permettra de produire de l’électricité vendue à EDF pour 1,5 million d’euros par an. La chaleur contenue par les fumées et ciculant dans les tuyaux est si forte qu’il est possible de la sentir depuis le couloir sans même toucher le mur…

De telles visites sont nécessaires pour prendre conscience de notre impact et de la destinée de ces ‘boîtes noires’, nos poubelles. C’est en voyant que les élèves et que les adultes prennent conscience et se rendent compte que leurs choix de recycler, que leur comportement de ne pas tout jeter mais réutiliser parfois, ne sert pas ‘à rien’.

 

Le site Ecoval en chiffres :

100 000 tonnes de déchets incinérés par an et 15 000 tonnes de déchets triés pour recyclage.

214 communes font traiter leurs déchets par Ecoval.

50 millions d’euros pour la construction du site.

90 personnes travaillent sur le site.

1500 élèves reçus sur le site et sensibilisés en 2017.

26 novembre 2018
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